Un gant intelligent pour cueillir les fruits au bon moment

Montpellier (France), 24 juillet 2003 – Inutile d’avoir les pouces verts pour faire de bonnes récoltes: un chercheur vient d’inventer un gant électronique capable de détecter instantanément la maturité et la teneur en sucre d’un fruit au moment où il s’en saisit.

Créé par le Centre de machinisme agricole, du génie rural, et des eaux et forêts (CEMAGREF) de Montpellier (Hérault), dans le cadre d’un projet financé depuis 1998 par l’Union européenne et doté d’un budget de plus de 760 000 euros, cet outil n’existe encore qu’à l’état de prototype.

« L’utilité pour les arboriculteurs, c’est que ce gant leur permet de savoir si le fruit est mûr, avant même la cueillette, sans avoir besoin de l’endommager. Après la récolte, il donne aussi la possibilité de faire le tri », explique à l’AFP Michel Crochon, l’un des concepteurs.

Equipé de microcapteurs, il détermine le taux de sucre d’une pomme, d’une pêche ou d’un abricot, au moyen d’un spectre photométrique, qui traduit sa composition moléculaire en longueurs d’onde lumineuses. Un petit marteau, fixé sur l’outil, vient aussi légèrement tapoter le fruit, ce qui permet d’en analyser la fermeté et la maturité grâce à la résonnance occasionnée par le choc.

Enfin, l’écartement des doigts du gant permet bien sûr de préciser son calibrage, autre facteur essentiel lors de la récolte pour le producteur qui classe ainsi ses fruits en plusieurs catégories.

« On pourrait imaginer un système tout simple avec une lumière rouge et une lumière verte sur le gant dans lequel on introduit les critères de maturité retenus par l’agriculteur. Si la lumière verte s’allume, on peut cueillir le fruit, sinon on attend », expose le chercheur montpellierain.

Testé au « Domaine de l’Estagel », à Saint-Gilles dans le Gard, le gant n’a pas laissé insensible le premier producteur de pêches du département, avec une production annuelle de 15.000 tonnes.

« Ce gant peut être un guide rassurant pour les récoltes. D’autant qu’il est de plus en plus difficile de trouver des cueilleurs compétents et qu’il faut faire des contrôles permanents », admet Henri-Paul, parfois obligé comme la plupart des arboriculteurs, de recruter parmi ses travailleurs saisonniers, des étudiants sans formation, afin de ramasser les fruits dans ses quelque 600 hectares de vergers.

S’ils trouvent un industriel prêt à investir dans la standardisation de l’appareil, ses inventeurs promettent de le miniaturiser, ne serait-ce que pour dispenser les cueilleurs de porter sur le dos l’ordinateur encore relié à ce gant intelligent.

Source : AFP

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Cemagref – Institut de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement
http://www.cemagref.fr/

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