“Une qualité de sirop exceptionnelle”

Serge Beaulieu était au travail dans sa cabane à sucre lorsqu’il a été contacté par Le Bulletin dans l’après-midi de ce jeudi ensoleillé mais frisquet. Il planifiait bouillir de l’eau d’érable jusqu’à 15h00 et s’arrêter par la suite, question de prendre un peu de repos. À pied d’œuvre depuis trois semaines dans son érablière, l’acériculteur, qui est aussi président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, commentait ce début de saison qui a commencé en lion. “Nous dans le sud-ouest du Québec on est habitué à un début des sucres à ces dates là, vers la fin février. Ce qui est particulier cette année, c’est que ça a commencé à couler partout au Québec. Habituellement, la saison commence beaucoup plus tard ailleurs.”

Ce début hâtif a d’ailleurs pris au dépourvu certains producteurs qui ont dû mettre les bouchées doubles pour faire face à la musique.

La situation s’est toutefois stabilisée avec le mercure qui fait du yoyo depuis deux semaines. À l’érablière de M.Beaulieu, certaines journées ont été calme alors que d’autres ont vu une production abondante, comme celle du 8 mars où “les érables ont coulé à plein” avec un thermomètre qui indiquait 10 degrés Celsius. Le producteur voit cette production en dents de scie d’un bon œil. “J’aime ça moi ces variations de température. Il n’y a pas de neige ici en Montérégie. S’il y avait de grosses chaleur, tout s’arrêterait. Le froid saisi les érables”.

La situation n’est pas la même ailleurs au Québec. Là où la neige est abondante, la couverture neigeuse sert d’isolant et temporise les caprices de la météo. Par exemple, les érables avaient peu coulé à Mégantic ce mercredi, malgré la chaleur.

Bien qu’il soit trop tôt pour s’avancer sur la saison, M.Beaulieu peut déjà dire que la production sera supérieure à la moyenne. “Ce ne sera les records des deux dernières années mais ce sera mieux que la moyenne. On a déjà pour ce temps de l’année deux livres à l’entaille alors qu’habituellement c’est 1 livre.”

Quant à la qualité, elle est exceptionnelle. “Il n’y a pas de dépôt de saveur dans le sirop, c’est comme au début de la saison de l’an dernier.”

Seul l’avenir pourra dire si cette saison sera aussi longue qu’en 2016 mais le peu de neige donnera peu de marge de manœuvre cette année. “Si on dure jusqu’à la mi-avril, ce sera une très bonne année”, indique Serge Beaulieu.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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