Viandes du Breton déménagera son abattoir à Rivière-du-Loup

Québec (Québec), 3 septembre 2002 – Les offres de dernière minute du gouvernement québécois et de la municipalité de Notre-Dame-du-Lac n’ont pas fait fléchir Viandes du Breton: l’abattoir témiscouatais a réitéré sa ferme intention d’aller reconstruire ses installations à Rivière-du-Loup.

L’octroi in extremis d’une aide gouvernementale totalisant près de 25 millions $, en plus de l’offre d’un terrain gratuit adjacent à celui dont dispose déjà Viandes du Breton à Notre-Dame-du-Lac et de plusieurs accomodements quant aux boues rejetées par l’usine, n’ont donc pas convaincu l’entreprise de reconsidérer la « décision d’affaires » qui la porte à déménager de Notre-Dame-du-Lac.

L’usine de Viandes du Breton avait été détruite par un incendie, le 14 mai. Depuis, l’entreprise avait examiné la possibilité de s’établir au Nouveau-Brunswick – où il n’y a pas, contrairement au Québec, de moratoire sur la production porcine – avant d’annoncer subitement, la semaine dernière, qu’elle avait porté son choix sur Rivière-du-Loup.

Mardi après-midi, Marie-Claire Ouellet, porte-parole de Viandes du Breton, a soutenu qu’il y avait eu beaucoup de discussions depuis le sinistre, mais par contre « jamais d’offres gouvernementales formelles, jamais d’offres dûment présentées à la famille Breton. On n’en a jamais vu la couleur. Et les programmes dont parle le gouvernement sont disponibles pour toutes les entreprises, peu importe où on irait, on aurait droit aux mêmes affaires. »

Selon elle, « quand vous êtes en affaires, vous devez prendre des décisions. On est une entreprise privée qui doit sécuriser ses approvisionnements et ses contrats. Ça fait trois mois et demi qu’on taponne et qu’on attend après Pierre, Jean, Jacques pour régler tel ou tel dossier. Un moment donné, il faut bouger. C’est la survie de l’entreprise et de 450 emplois qui sont en cause. »

Mme Ouellet a précisé que la construction de l’usine à Rivière-du-Loup, au coût de 40 millions $, débuterait prochainement et serait terminée au printemps 2003. Tous les employés devraient alors retrouver leur travail, et ce, « pas trop loin de chez eux », a-t-elle fait valoir.

Le maire de Notre-Dame-du-Lac, Réal Voisine, a quant à lui refusé de baisser les bras. « On est capable d’attendre jusqu’à demain (mercredi), à 10h00, a-t-il assuré. Il y a un conseil des ministres à cette heure, s’ils (du Breton) donnent une réponse quelconque d’ici-là, (les offres) seront entérinées par le conseil du Trésor, alors on ne baisse aucunement les bras. »

M. Voisine a plaidé que les offres gouvernementales permettraient à Viandes du Breton de reprendre sa production à Notre-Dame-du-Lac comme auparavant, mais dans des conditions encore plus avantageuses. « Alors on ne comprend pas leur décision d’affaires, a-t-il dit. J’espère qu’ils vont prendre en considération tout ce qui a été fait, parce que je ne suis pas sûr qu’ils peuvent partir comme ça en disant ‘on ne vous doit rien’. »

Par voie de communiqué, le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Maxime Arseneau, a de son côté prévenu que l’offre gouvernementale présentée à l’entreprise s’applique spécifiquement à Notre-Dame-du-Lac. « J’invite les dirigeants de Viandes du Breton à considérer l’offre gouvernementale dans son ensemble avant de présenter une décision finale dans ce dossier », a-t-il conclu.

Source : Presse Canadienne

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Groupe Breton

http://www.dubreton.com/

Ministère de l’agriculture des pêcheries et de l’alimentation du Québec (MAPAQ)

http://www.agr.gouv.qc.ca/

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