Viandes sélectionnées des Cantons : 350 personnes répondent à l’invitation du MAPAQ

29 août 2002 – La production de « boeuf de marque » suscite de plus en plus d’intérêt auprès des éleveurs. C’est ce qu’on a pu constater lors de l’activité de démonstrations portant sur ce sujet, tenue le 17 août dernier en Beauce. En effet, trois cents cinquante personnes ont répondu à l’invitation de l’organisateur de la journée, l’agronome Denis Brouillard, et se sont présentés à la ferme de MM. Pierre et Michel Vachon de Saint-Séverin où se déroulait l’activité. M. Brouillard est conseiller régional en production animale à la direction régionale de la Chaudière-Appalaches du ministère de l’Agriculture, de Pêcheries et de l’Alimentation du Québec. Outre que plusieurs conférences concernaient le « boeuf de marque », le programme comportait aussi des démonstrations relatives aux nouvelles installations de la ferme et au troupeau. Le tout s’est terminé par un méchoui de bœuf auquel ont participé quelque deux cents trente convives. Plusieurs éleveurs de l’Estrie étaient présents. Tous ont pu prendre connaissance de l’état d’avancement de la filière Viandes sélectionnées des cantons, projet initié et développé par des promoteurs estriens.

L’hôte, Pierre Vachon, est un éleveur de veaux d’embouche qui a fait le choix, l’an dernier, de produire du bœuf de marque en adhérant à la filière Viandes sélectionnées des cantons. Il en a parlé avec enthousiasme à un auditoire des plus attentifs. Il a donc appliqué le cahier des charges de la filière et adopté son schéma génétique. Ainsi, il a produit des veaux d’embouche conformes aux critères de cette filière en procédant à l’insémination de 95 vaches hybrides (toutes à 50 % Angus) avec des taureaux Parthenais (hybridation triple terminale). Lors de la rencontre, M. Vachon a présenté quelques-uns des avantages de participer à la filière. Entre autres, il a mentionné la prime liée au respect du cahier des charges et la vente directe au finisseur qui lui permet d’éviter les frais d’encan et la freinte (perte de poids). Cependant, sa décision de participer à Viandes sélectionnées des cantons s’explique surtout par la vision qu’il a du marché du bœuf et de l’avenir de sa ferme : « C’est pour positionner plus avantageusement ma production dans la tendance de fond du marché ». Selon lui, les consommateurs veulent de plus en plus du bœuf tendre, sain et savoureux. En participant à la filière, il s’assure d’une mise en marché structurée pour satisfaire à cette demande.

M. Vachon a aussi parlé de la facilité avec laquelle les vêlages se sont faits ainsi que de la grande vigueur des veaux dès leur naissance. Il a aussi témoigné du succès obtenu avec la technique de synchronisation des chaleurs, soit un taux de réussite de 85 % à la première insémination.

Quant à M. Claude Laroche, des Viandes Laroche d’Asbestos, il a expliqué que le but premier de la filière Viandes sélectionnées des cantons est de satisfaire aux attentes des consommateurs. «L’élevage doit être fait dans le but de produire une viande qui correspond au goût de celui qui la consomme et non pas uniquement dans le but de produire du poids. On veut faire du bœuf différemment ». Le recours à la race Parthenaise est un des moyens retenus par la filière pour atteindre ses objectifs de tendreté et de faible teneur en gras. En interdisant en tout temps les hormones de croissance et en ne permettant aucun antibiotique pendant les 90 derniers jours avant l’abattage, on satisfait aux attentes d’un pourcentage de plus en plus important de consommateurs qui recherchent une viande plus saine et naturelle. Enfin, grâce à la traçabilité, les consommateurs connaîtront la provenance de ce qu’ils mangent.

Les caractéristiques de la viande des races culardes (double musculature), comme la Parthenaise, ont aussi été discutées par un conférencier de l’Alberta, M. Victor Lund, ex-responsable des programmes bœuf et lait chez Universal Genetics. Les résultats de recherche qu’il a présentés confirmaient les énoncés de Messieurs Vachon et Laroche quant à la qualité de cette viande. « La viande des bouvillons à double musculature diffère de celle des autres en ce qui concerne le type et la grosseur des fibres. Cela favorise la tendreté en plus d’avoir un effet favorable sur la saveur. Aussi, par sa composition différente de fibres musculaires, son temps de cuisson est raccourci.»

Pour finir en beauté cette journée et passer de la théorie à la pratique, les participants ont pu déguster la viande de bouvillons produits selon les normes de la filière Viandes sélectionnées des cantons. Les commentaires recueillis sur place ont confirmé la qualité et le goût supérieurs de cette viande : « Une viande exceptionnelle » au dire du cuisinier.

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