Viticulture : Nouvel accès de grogne en Languedoc

France, 16 janvier 2002 – Plusieurs milliers (3500 selon la police et 6000 selon les organisateurs) de viticulteurs du Languedoc-Roussillon ont manifesté à Béziers dans l’après-midi à l’appel des syndicats départementaux, FDSEA et CDJA. Les opérations se sont soldées par de nombreux actes de violence dans la soirée. Les viticulteurs réclament la mise en oeuvre des mesures promises par le ministre de l’Agriculture à la rentrée, portant sur un montant de 115 millions de francs, et destinées à enrayer une crise née de la surproduction et d’une qualité insuffisante.

Jean Glavany a réagi en soulignant que peu de viticulteurs avaient rempli les dossiers de demandes d’aides et que « l’urgence » était de « rétablir un meilleur équilibre entre l’offre et la demande en distillant les excédents, qui pèsent sur le marché et pénalisent tous les viticulteurs ». Cette mesure n’a pu être appliquée faute du feu vert de Bruxelles et malgré les demandes réitérées de la France. « Son coût est considérable, près de 900 millions de francs, dont 600 millions à la charge de l’Union européenne et 300 millions à la charge de l’Etat », a souligné le ministre de l’Agriculture, en précisant qu’il espérait cependant « une décision favorable, au moins sur une première tranche » lors du conseil agricole du 18 février.

Faute d’une réforme importante, l’OCM (Organisation commune de marché) du vin aura « des effets dévastateurs », selon Jean Glavany, qui propose aux professionnels de collaborer à la préparation d’un memorandum à destination de Bruxelles. Le ministre enjoint les viticulteurs à ne pas reconstituer « des stocks importantsde vins, qui ne trouveront pas preneurs sur le marché ». Le dispositif de reconversion progressive des vignobles, assorti d’une aide de 20 000 francs par hectare, doit le permettre. Il faut l’utiliser dès cette année, a insisté le ministre.

Source : Les Échos

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