Premier cas de résistance au glyphosate dans les Prairies

En janvier dernier, des scientifiques d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) ont confirmé le premier cas de mauvaise herbe résistante au glyphosate dans les Prairies canadiennes. Des spécimens de koshia à balais (Kochia scoparia) avaient été prélevés en août dernier dans trois champs suspects du sud de l’Alberta.

Au Québec, le kochia est peu présent, se contentant de bords de champs et de voie ferrée. Dans l’Ouest, il s’agit d’une mauvaise herbe commune dans les champs en grandes cultures. On l’appelle communément tumbleweed.

Aux États-Unis, des cas de kochia résistant ont été confirmés au Kansas, au Colorado et au Nebraska, et des enquêtes se poursuivent au Dakota du Nord, au Dakota du Sud et au Montana.

Deux des champs affectés en Alberta sont à Milk River et à Warner, respectivement à 20 km et 40 km du Montana. Cela laisse supposer que des graines de kochia résistant au glyphosate auraient voyagé jusqu’au nord du 49e parallèle. Si c’est le cas, ce serait la première fois qu’une résistance au glyphosate au Canada n’est pas issue d’une sélection provoquée par une sur-utilisation de glyphosate.

Cependant, ces champs de l’Alberta étaient en jachère chimique et recevaient plus d’une application de glyphosate par année, ce qui techniquement, peut conduire à la sélection d’individus résistants à cet herbicide.

Le cas du kochia dans l’Ouest démontre un autre visage de la résistance au glyphosate : elle peut aussi se déclarer dans des champs qui ne sont pas soumis à des cultures Roundup Ready en continu.

Selon Hugh Beckie, scientifique chez AAC, les plants de kochia produisent chacun des milliers de graines, qui peuvent se déplacer de plusieurs kilomètres en une journée. Les trois agriculteurs victimes de ces premiers cas de résistance ne sont pas les seuls à plaindre, affirme-t-il, puisque la contamination de champ à champ sera très rapide.

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