Veillez-vous au grain?

L’évolution technologique constante permet aujourd’hui à des systèmes de navigation sophistiqués de « veiller au grain » en agriculture

L’expression « veiller au grain », autrefois utilisée par les capitaines pour annoncer une surveillance attentive lors de violentes tempêtes maritimes, prend aujourd’hui tout son sens en milieu agricole. En effet, combien de producteurs ont connu ces longues nuits passées à surveiller leurs séchoirs? À la ferme M.C. Mercier de Saint-Roch-de-l’Achigan, Martin Mercier me confiait dernièrement que d’intervenir rapidement à un arrêt imprévu de son séchoir lui permettait de sauver 200$ de propane.

Heureusement, l’évolution technologique constante permet aujourd’hui à des systèmes de navigation sophistiqués de « veiller au grain » sur les bateaux. Il en est de même en agriculture. Certains séchoirs à grains pilotés par des systèmes de surveillance envoient des alertes par texto au producteur en cas d’anomalies. Bien heureux sont les producteurs qui possèdent un équipement récent, car ceux-ci offrent généralement des options d’alertes intégrées de type « WatchDog ». Mais qu’en est-il des vieux séchoirs? Doit-on les moderniser à grands frais pour avoir un peu plus de liberté lors de périodes de séchage? Des producteurs du Québec innovateurs et curieux ont pensé à des solutions, certaines « maison » d’autres plus élaborées, mais quand même économiques.

Quelques initiatives

Les caméras de surveillance sont omniprésentes dans les fermes pour surveiller les propriétés et autres biens d’entreprise. Plusieurs propriétaires ont décidé d’utiliser leurs caméras pour viser les panneaux des séchoirs ou les indicateurs de température des silos séchoir pour en surveiller le bon fonctionnement. Cette pratique, quoiqu’économique, ne permet cependant pas à son opérateur d’être alerté en cas de panne, car il doit en permanence visionner les caméras. Certaines caméras offrent des entrées numériques permettant d’y connecter des contacts en cas de pannes. Aux Fermes Lortie de Saint-Lin-Laurentides et R.S. Jeanson et fils de Saint-Bernard-de-Michaudville, on a opté pour cette alternative économique plutôt qu’un rehaussement coûteux des équipements de séchage.

Lorsqu’il s’agit d’alertes plus sophistiquées, des producteurs ont eu recourt aux services d’un spécialiste en assistance technologique agricole pour installer un petit appareil permettant notamment de surveiller l’élévateur à grain, l’alimentation du séchoir et l’état de son brûleur et le bon fonctionnement du « rotobin ». Le producteur est alors avisé en temps réel de l’arrêt d’un de ces procédés et alerté jusqu’à la résolution du problème. Aux Fermes Belvache de Sainte-Anne-des-Plaines et M.C. Mercier de Saint-Roch-de-l’Achigan, on a opté pour cette alternative à un rehaussement majeur et à grands frais de certains composants de leurs plans de séchage.

Quoi qu’il en soit, des solutions existent et sont disponibles selon le budget et l’évolution de votre entreprise. Tout comme la navigation maritime moderne, l’agriculture n’impose plus à ses responsables de passer la nuit debout à veiller au grain!

à propos de l'auteur

Collaborateur

Jean-Louis Dupont

Jean-Louis Dupont, diplômé en technologie par microprocesseur, est concepteur de solutions technologiques et réseautiques depuis plus de 30 ans. Il rédige la chronique Info branché dans le magazine Le Bulletin des agriculteurs.

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