Blé vivace

Pour le développement de l’agriculture durable et la conservation des sols, plusieurs solutions sont connues : le semis direct, les cultures de couverture ou la lutte intégrée. D’autres chercheurs explorent une voie plus radicale et tentent de changer la base de la production de grains.

Dr Jerry Glover fait partie d’une cohorte mondiale de spécialistes travaillant à rendre vivace des cultures annuelles dont on ne récolte habituellement que le grain, comme le riz, le maïs et les céréales. Lors d’une conférence organisée par Innovative Farmers Association of Ontario, il a présenté sa vision du potentiel de ces cultures.

Les développements en génomique permettent de transférer des caractères génétiques plus rapidement. Après avoir identifié les gènes désirés, les chercheurs peuvent les intégrer dans différentes espèces.

Même si deux ou trois décennies seront nécessaires pour atteindre des rendements comparables aux cultures annuelles dans nos conditions, il en va autrement dans les pays en voie de développement. Les terres y sont moins fertiles et très propices à l’érosion. Les cultures vivaces sont implantées pour plusieurs années et leurs racines peuvent descendre plusieurs mètres dans le sol. La biomasse ainsi disponible devient une éponge pour emmagasiner l’eau et garder le sol couvert toute l’année.

Plus près de nous, des chercheurs de l’Université de l’État du Michigan travaillent avec une espèce dans la famille du chiendent. Ils ont réussi à récolter environ une tonne à l’hectare de grain. On peut atteindre la rentabilité dans les terres marginales selon les spécialistes. Le coût associé à la dégradation du sol et au semis chaque année compense la perte de rendement.

Même s’il est peu probable que le système vivace s’applique à toutes les espèces dans toutes les régions, il deviendra une option supplémentaire pour les producteurs aux prises avec des problèmes importants pour la conservation des sols, selon Dr Jerry Glover.

Source : Ontario Farmer

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