Dois-je conserver ou remplacer ma luzernière?

L’hiver n’a pas été favorable aux prairies avec ses nombreux gels et dégels et la pluie verglaçante qui est tombée à plus d’une reprise durant l’hiver.

Le printemps venu, on observe des zones dénudées dans la luzernière.  Généralement, ces zones sont des dépressions où l’eau s’accumule et où la glace est plus épaisse et persiste pendant des périodes de une à trois semaines. La destruction peut en effet être causée par l’asphyxie des plants à la suite d’une inondation ou, dans certains cas, à la suite de la formation de couches de glace. Le gel-dégel peut aussi avoir occasionné le déchaussement des plants et par conséquent, endommager les racines pivotantes, ce qui réduit les chances de survie du plant. Même les plants légèrement déchaussés ne sont pas à l’abri  puisque leur longévité et leur productivité sont atteintes.

Pour prendre la décision de remplacer ou non sa luzernière en cas de dommages, il faut considérer plusieurs points. Il faut déterrer les plants, examiner le feuillage, la vigueur des boutons, la résistance au décollement de l’écorce et la coloration interne des racines (celle-ci doit être de blanchâtre à crème).

Selon le ministère ontarien de l’Agriculture (MAARO), la densité de peuplement n’est pas un bon critère pour évaluer le rendement de la luzerne puisqu’elle a la faculté de produire un rendement maximal sous différentes densités de peuplement. La densité des tiges est un meilleur repère, comme le démontre ces tableaux.

Le tableau suivant indique le potentiel de rendement selon le nombre de tiges par pied carré:

Tableau 1. Décompte des tiges (trois décomptes/pi2)

Tiges/pi2   Rendement maximal
     
55 ou plus 100 %
de 40 à 50 de 75 à 92 %
Moins de 40 Peuplement trop faible pour être conservé

Le tableau qui suit indique le nombre minimal de plants sains qu’un peuplement doit compter par pied carré pour constituer un bon peuplement.

Tableau 2. Nombre de plants/pi2

Nouveau semis 20 plants et plus par pi2
Année 1 de 12 à 20 plants par pi2
Année 2 de 8 à 12 plants par pi2
Année 3 ou plus 5 plants par pi2

Les évaluations commencent habituellement au printemps, avant que les plants n’aient eu la chance de produire des tiges. Il s’agit alors de compter le nombre de plants afin d’évaluer la densité de peuplement. Idéalement, le décompte se fait au printemps, une fois les plants sortis de dormance, ce qui permet d’évaluer en même temps la santé des spécimens qui composent le peuplement.

*Texte réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères. Les propos exprimés dans le texte relèvent toutefois de l’auteur et n’engagent pas le CQPF.

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