L’impact d’un tsunami

Le décompte des victimes se poursuit, la peur d’un accident nucléaire demeure. Pendant que le Japon émerge de sa torpeur, on parle peu de l’impact considérable du tremblement de terre et du tsunami de la semaine dernière sur l’agriculture locale et mondiale.

Le nord-est du Japon produit 4,8 millions de tonnes d’alimentation animale par année, soit 20 % de la production nationale. La moitié de ces volumes consiste de maïs, une denrée importée.

Selon une dépêche de Bloomberg, le déchargement de navires de maïs américain est interrompu à Kashima, la ville la plus proche de l’épicentre, et dans d’autres ports du nord du pays, à causes de pannes d’électricité.

La coopérative Zen-Noh, le plus important acheteur de maïs au Japon, a cessé la production de moulée à son centre de grain de Kashima. Ce centre représente 15 % de la capacité de production de Zen-Noh.

Comme en font foi les images qui ont tourné en boucle à la télévision, le tsunami a envahi les terres agricoles, emportant serres et autres bâtiments et laissant derrière de nombreux débris. Les infrastructures pour la pêche et l’agriculture sont complètement anéanties.

Le ministère de l’Agriculture du Japon a demandé que soient libérées des réserves de grain, incluant des réserves de maïs, pour assurer un approvisionnement continu. Le pays compte un inventaire de 600 000 tonnes de maïs et de sorgho.

Les interruptions de courant pourraient aussi nuire à la production de farine, même si la plupart des meuneries n’ont pas été touchées par le tsunami.

Les catastrophes naturelles de la semaine dernière ont contribué à déstabiliser les marchés des grains, puisque le Japon est l’un des plus grands importateurs au monde. Déjà fragile, son économie pourrait avoir du mal à se remettre sur pied, ce qui atténuerait la demande intérieure pour les produits agricoles importés.

Les marchés anticipent une baisse de la demande de maïs, puisque le Japon ne pourra pas recevoir, stocker et transformer les volumes habituels. À moyen et long terme, par contre, les importations de céréales et de soya pourraient être plus fortes, pour rebâtir les stocks et compenser pour les superficies détruites.

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