Comment garder des vaches plus longtemps?

Les résultats de la Chaire de recherche sur la vie durable des bovins laitiers ont été présenté en primeur lors du Congrès de l’Ordre des agronomes

Dans 73,6% des cas, la réforme des vaches laitières est involontaire. En fait, la santé et la fertilité sont les principales causes de réforme. Les causes volontaires, pour faible productivité d’une vache en santé et fertile, ne représente que 7,2% des cas. Pour améliorer leur longévité, il faut donc améliorer leur santé et leur fertilité, mais comment?

La titulaire de la Chaire de recherche sur la vie durable des bovins laitiers de l’Université McGill, Elsa Vasseur, a présenté les résultats des recherches menées depuis la fondation de la chaire il y a quatre ans dans le cadre du Congrès de l’Ordre des agronomes du Québec le 29 octobre 2020.

D’où on part?

En observant les 10 plus grands pays producteurs de lait au monde, il se sont rendu compte que les facteurs qui ont eu le plus d’impact sur l’augmentation de la production laitière sont la nutrition, la génétique, la santé animale et la gestion de troupeau. De 1960 à aujourd’hui, c’est aux États-Unis que la production laitière a le plus augmenté avec une croissance de 129,7 kilogrammes par vache par année.

Durant la même période, la longévité a diminué dans 6 pays sur 10. Dans un pays, elle a augmenté et dans trois cas, elle est restée stable.

Si l’on compare le Canada et la Nouvelle-Zélande, les vaches du Canada produisent 2,3 fois de lait que celles de Nouvelle-Zélande, alors que leur longévité est plus basse de 2,5 fois.

Elsa Vasseur a expliqué que la longévité et la production laitière ne vont pas nécessairement de pair.

Quelle est la suite?

« Il faut qu’on développe des indicateurs précoces pour identifier les animaux qui sont le plus à même d’atteindre leur plein potentiel », dit Elsa Vasseur.

Dans un projet de recherche, l’équipe a analysé les statistiques de Lactanet sur 120 troupeaux qui avaient eu au moins un cas de mammite par année et ils ont fait la même chose pour les boiteries. Ils ont démontré que la maladie compromet la production et la rentabilité.

« Comparées aux vaches saines, les primipares avec un événement de mammite, qu’importe le stade de lactation, ont eu une plus faible production, marge alimentaire et nette », explique la chercheuse. Un épisode de mammite en fin de lactation génère les pertes les plus importantes.

Le résultat était semblable du côté des boiteries, car comparées aux vaches saines, les primipares avec un événement de boiterie, qu’importe leur stade de lactation, ont eu une plus faible production, marge alimentaire et nette. De plus, une boiterie durant la période de transition, génère les pertes les plus importantes.

En fait, la mammite et la boiterie augmentent jusqu’à 2 fois le risque de réforme. Le coût est important. La production diminue jusqu’à 1200 kilogrammes par vache malade et le profit diminue jusqu’à 1000$ par vache malade. Le risque de réforme augmente jusqu’à deux fois au cours de la première lactation.

Comment sélectionner?

Le projet de Daniel Warner vise à développer des outils pour aider à sélectionner les meilleures candidates à rester dans le troupeau. Une analyse coûts-bénéfices de 114 troupeaux laitiers (22 747 vaches avec une lactation terminée) a été effectuée. En évaluant les coûts et profits cumulés, des vaches plus profitables pourraient être identifiées.

Il a été démontré qu’il est possible d’identifier les vaches qui ont le plus contribué à la rentabilité du troupeau et les vaches dont les coûts initiaux sont élevées et qui ne seront potentiellement jamais rentables.

Dans les prochains travaux de recherche, la Chaire veut identifier ce qui va aider la longévité durant trois phases importantes : chez le fœtus, dans la vie des génisses et chez la vache adulte.

Le Congrès de l’Ordre des agronomes a, en cette année de pandémie, été tenu en vidéoconférences, ce qui n’a pas empêcher une importante participation. En fait, le taux de participation a été le plus haut en 83 éditions, avec 722 participants.

 

 

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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