Le confort de la logette

Selon l’ingénieur Christian Lemay des Consultants Lemay & Choinière, le confort des logettes est actuellement un des aspects qui préoccupent le plus les producteurs lors de la construction de nouvelles étables laitières. Certains installent encore des matelas, mais les litières profondes sont de plus en plus populaires.

Même son de cloche chez Fusion Expert Conseil. « Il y a une tendance de fond au point de vue du confort, explique l’ingénieur Martin Chagnon. Environ 50 % de nos clients en stabulation libre choisissent la litière profonde. » C’est le cas de la ferme J.S. Nadeau et de la ferme Rochedale 2002.

Bran de scie humide

Après l’incendie de leur étable en août 2013, les frères Jason et Steven Nadeau, de la ferme J.S. Nadeau d’East-Broughton en Chaudière-Appalaches, ont choisi d’installer des logettes profondes. Comme litière, ils ont opté pour le bran de scie humide. La proximité de la matière première en a fait un choix logique. Ils vont eux-mêmes en tracteur chercher la litière à l’usine.

«Ici, on utilise le bran de scie plutôt que la ripe sèche, explique Jason Nadeau. C’est humide, donc ça se compacte mieux. On a essayé la ripe sèche, mais on a changé après deux semaines.»

Matin et soir, ils l’égalisent dans les logettes de 15 cm (6 po) de profondeur. En hiver, ils en ajoutent une fois par mois parce qu’il gèlerait à l’extérieur. En été, ils en ajoutent une fois par semaine. La quantité ressemble à ce qu’ils mettaient lorsqu’ils avaient des tapis, mais la profondeur des logettes fait en sorte que la litière reste en place. « Au début, ça en prend plus, le temps que ça se compacte », raconte Jason. Le coût est de 230 $ par mois parce qu’ils vont la chercher.

Mélange paille-chaux-eau

La facilité à obtenir de la paille a amené Jean-Marie Laroche, Angèle Boutin et leur fils Éric, de la ferme Rochedale 2002 de Warwick, à opter plutôt pour ce type de litière. Le coût et la fréquence de remplacement des tapis, en plus du confort plus élevé avec la litière profonde les ont amenés vers cette option. Ils auraient bien aimé le sable, mais l’usure des équipements leur a fait changer d’idée.

La paille d’avoine est produite à la ferme et une partie est achetée. Elle est mélangée à de la chaux qui augmente le pH, ce qui a un effet bénéfique contre les bactéries. En plus, c’est asséchant. De l’eau est aussi ajoutée pour éviter qu’il y ait trop de poussière dans l’étable. Voici leur recette : 300 kg de paille + 1000 kg de chaux + 300 kg d’eau. Le mélange est effectué au mélangeur RTM et appliqué à raison de 25 kg par logette, une fois pas semaine.

Il y a 80 logettes de 20 cm (8 po) de profond. «On pourrait utiliser du sable si on voulait parce que l’équipement à fumier est conçu pour le sable, mais ça fait deux ans qu’on est sur la paille et je ne changerais pas, dit Éric Laroche. Au début, on avait des doutes, maintenant on n’en a pas.»

Le parc des vaches fraîches vêlées et celui des vaches taries sont remplis avec de la mousse de tourbe. Cette litière a l’inconvénient d’être brune, mais ce n’est pas parce qu’elle est sale. Il s’agit en fait d’une litière ultra-absorbante.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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