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Visite de Temple Grandin au Québec

temple-grandinFidèle à elle-même, arborant une chemise western et tenant un discours direct et court, la professeure Temple Grandin insiste : Nous devons montrer ce que nous faisons à la population. « Un fermier est plus fiable qu’une grosse compagnie », dit-elle. Et surtout, nous devons faire ce que nous disons que nous faisons. Mais nous devons aussi nous assurer de ne pas générer d’images négatives.

Temple Grandin était l’invitée vedette du 3e Porc Show tenu à Québec le mardi 6 décembre. Elle est professeure en sciences animales et enseigne le comportement animal et l’ingénierie des aménagements à l’Université de l’état du Colorado.

L’importance de mesurer

Temple Grandin dit qu’il faut instaurer des mesures très simples pour s’assurer que tout est bien fait. C’est le cas notamment de l’insensibilisation des animaux à l’entrée dans la chaîne d’abattage. Il doit y avoir un taux de succès de 100%. C’est simple et précis.

L’importance du fermier

« La frustration, c’est que beaucoup de gens du public ne savent rien à propos de cela, dit-elle. L’industrie a changé et personne ne le sait. Les jeunes acheteurs veulent savoir d’où viennent les aliments. » Pour cela, ce sont les fermiers qui sont les mieux placés puisque c’est en eux eux que les gens placent leur confiance : 50% contre 17% des compagnies alimentaires.

Faire ce que l’on dit

Elle insiste : « Vous devez vous assurer que vous faites ce que vous dites que vous faites. » Il y a trois façon d’y arriver : 1. L’audit externe. 2. L’audit internet. 3. Ce qu’elle appelle « l’œil corporatif », c’est-à-dire la compagnie à qui nous vendons notre produit. Tout comme un trépied à trois pieds, ces trois aspects sont la base pour nous assurer de ce que nous faisons.

temple-grandin-2Attention aux caméras cachées!

Temple Grandin rappelle qu’aujourd’hui, il y a toujours une caméra à quelque part. Les images négatives peuvent devenir virales sur Internet. « Vous devez vous assurer de ne pas avoir de mauvaises vidéos de coups portés à des animaux, dit-elle. Il y a des groupes qui recherchent ces vidéos. » Les images d’animaux morts peuvent aussi donner une mauvaise image. « Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas de mauvaises images de ce qui se passe sur la ferme », ajoute-t-elle.

Mesurez à la ferme

Il faut mesurer ce qui est fait sur la ferme comme le taux de boiteries, de truies trop maigres, de porcs sales… C’est la seule façon de savoir si l’on s’améliore ou non.

Une bonne manipulation.

Aménager de bons équipements est important, mais ce n’est pas suffisant. Il faut accorder de l’importance à la manipulation. Ce n’est pas uniquement pour l’image. Les animaux sont plus productifs lorsqu’ils sont bien traités.

Intéresser les jeunes

Temple Grandin insiste sur l’importance d’intéresser les jeunes à la production animale. Elle-même a été exposée à la production bovine à l’âge de 15 ans. C’est de cette façon qu’elle a été intéressée à la question. « Les étudiants sont intéressés aux choses qu’ils ont la chance de côtoyer », dit-elle.

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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