Avenir de l’industrie porcine : l’AQINAC veut apporter une contribution significative

Québec (Québec), 4 juin 2002 – « En supportant le dépôt de plusieurs programmes d’assainissement, l’AQINAC veut apporter une contribution significative aux discussions qui entourent l’avenir de l’industrie porcine au Québec ».

C’est ce qu’a soutenu le directeur général de l’AQINAC,
l’Association québécoise des industries de nutrition animale et céréalière,
M. Yvan Lacroix, qui faisait le point dans le dossier, au moment où son

organisme soutient le dépôt de plus d’une soixantaine de programmes
d’assainissement présentés par ses membres, à la fois membres de la Fédération
des producteurs de porcs, en vertu de l’article 116,2 et suivants de la « Loi
sur la qualité de l’environnement ».

C’est la première fois dans l’histoire de l’industrie agricole que les
producteurs de porcs québécois s’engagent volontairement dans un processus
légal à investir des sommes substantielles.

Ces programmes d’assainissement se veulent une réponse aux interrogations
soulevées par divers intervenants quant aux meilleures façons d’encadrer cette
industrie, dans le respect de l’environnement.

Le contexte

« En présentant à la hâte un projet de loi et une réglementation sur
l’élevage du porc, le ministre d’Etat à l’Environnement et à l’Eau répond à

des considérations avant tout politiques et prive les acteurs de premier plan
de cette industrie de la possibilité de présenter des solutions
environnementales viables. C’est ce que vise la démarche initiée aujourd’hui
par nos membres ».

L’AQINAC déplore le fait que le ministre n’ait pas tenu compte de ses
commentaires dans la foulée du comité restreint mis sur pied, le 7 mai
dernier, à la suite du moratoire décrété par le gouvernement. « Ce moratoire
représente davantage une manoeuvre politique que l’expression d’une véritable
volonté d’apporter les correctifs qui permettraient une croissance harmonieuse
de l’industrie porcine au Québec » a indiqué M. Lacroix.

Ce dernier a rappelé que les membres de son association, qui représente
50 % de l’industrie porcine au Québec, ont mis en garde le gouvernement sur

les conséquences économiques d’un moratoire. La production porcine génère des
retombées économiques de près de 4 milliards $ pour le Québec des régions et
contribue au maintien de quelque 30 000 emplois directs et indirects, dont les
550 dont on parle tant à Notre-Dame-du-Lac.

« Cette industrie est trop importante pour que les discussions se
déroulent en comité restreint, sans que les principaux acteurs, dont font
partie les membres de l’AQINAC, y soient associés. Compte tenu de la force que
nous représentons, il n’est pas normal que nous ayons été écartés des
discussions » a tenu à rappeler M. Lacroix.

Selon l’AQINAC, la détermination du ministre de l’Environnement, la
complicité du ministre de l’Agriculture et le silence des représentants du
monde agricole accréditent la thèse que plus personne ne défend le modèle
québécois d’agriculture moderne, tel que développé par les membres de l’AQINAC
depuis de nombreuses années, et ce dans le respect d’un cadre réglementaire
environnemental.

Une contribution significative

C’est dans le but de contribuer positivement au dossier, que les membres
de l’AQINAC dépose des programmes d’assainissement. Ces programmes, qui vont
au-delà des normes environnementales existantes, nécessiteront des
investissements privés de plus de 3 millions et demi de dollars de la part des
producteurs. Ils touchent les aspects suivants :

Atténuer les problèmes de rejets d’odeur dans l’air occasionnés par l’exploitation d’un site par les mesures suivantes

  • Utilisation de rampe d’épandage;

  • Pratique de l’enfouissement dans les trois heures suivant l’épandage;

  • Proscrire l’épandage les jours fériés, les fins de semaine et durant les vacances de la construction;

  • Implanter des brises-vent naturels autour du site.
  • Diminuer les rejets d’azote et de phosphore dans l’environnement occasionnés par l’exploitation du site par les mesures suivantes

  • Bol économisateur d’eau;

  • Phytase alimentaire;

  • Alimentation multiphase;

  • Implantation de système de traitement, si nécessaire.
  • Diminuer les risques de fuite des lisiers à l’entreposage et accroître le contrôle des activités de disposition des lisiers occasionnées par l’exploitation du site par les mesures suivantes

  • Inspection de l’étanchéité de la citerne à chaque année par l’analyse des eaux du drain;

  • Encadrement agro-environnemental.
  • L’AQINAC entend faire la promotion de la pertinence de son programme
    d’assainissement auprès de l’ensemble des producteurs de porcs du Québec, en
    les invitant à présenter leur propre programme environnemental et à joindre la
    démarche.

    L’urgence d’agir

    Selon l’AQINAC, on ne parle pas assez de la force économique que
    représente l’industrie porcine au Québec. « Les considérations politiques
    doivent laisser la place à celles environnementales. En voulant agir à la
    hâte, le gouvernement se prive de la possibilité de trouver de véritables
    solutions technologiques au problème environnemental que pose la production
    porcine. C’est à cela que nos membres s’attaquent aujourd’hui en déposant des
    programmes d’assainissement. Nous sommes confiants que le ministre d’Etat à
    l’Environnement et à l’Eau adhèrera à notre démarche » a conclu le directeur
    général de l’AQINAC.

    Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

    Le Porc du Québec

    http://www.leporcduquebec.qc.ca/

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