La future Europe plus facile à bâtir sur la ruralité que sur l’agriculture

France, 5 février 2002 – Les accords de Berlin ont défini en 2000 la Politique agricole commune (Pac) pour six ans et son cadre budgétaire. Il n’est pas question d’en changer avant cette échéance, a déclaré le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany devant l’Ifri (Institut français des relations internationales), même si un rapport d’étape est prévu à mi-parcours. Il est cependant possible de tracer à grands traits l’avenir de cette Pac.

Loin d’être pessimiste sur la capacité des états membres à trouver un terrain d’entente, le ministre pense cependant que c’est autour du « transfert progressif des aides de marché vers le développement rural, un instrument majeur pour redéfinir les relations entre la société et les agriculteurs, que nous réussirons le mieux à resserrer les rangs des Etats membres autour d’un objectif commun ». Le basculement progressif des aides à la production agricole vers les aides rurales ne signifie pas pour autant que les soutiens à la production vont disparaître. « Cela serait d’autant plus malvenu queles Etats-Unis ont augmenté de 700% en quatre ans les aides directes à la production agricole », a souligné Jean Glavany. Sans parler du fait, que la suppression des aides directes se traduirait, en France, par l’effondrement du nombre d’agriculteurs de 680.000 à 120.000 et parla désertification du territoire.

Néanmoins, « il nous faut imaginerla méthode qui conciliera au mieux ces soutiens avec les attentes de la société ». Elle ne les acceptera que s’ils sont « légitimes et équitables ». Dans cet ordre d’idée, Jean Glavany estime nécessaire de tirer les enseignements de la crise bovine, qui montre que « nous devons encourager la production extensive ou tournée vers la qualité ».

L’élargissement de l’Europe ne butera pas sur la question agricole, a affirmé le ministre. Toutefois, « le débat sera long et difficile car ces pays veulent tout et tout de suite et nous ne voulons ni tout leur donner ni tout de suite ». Des problèmes concrets vont se poser. Comme celui de la sécurité sanitaire des produits. « Nos consommateurs n’accepteront pas que l’élargissement se traduise par une moins bonne qualité de l’alimentation. C’est un sujet sur lequel il n’y aura pas de transition. Soit les candidats seront prêts, soit nous mettrons des sauvegardes ».

Un problème budgétaire se pose aussi. « Nous n’avons pas les financements nécessaires pour payer dès l’adhésion tous les soutiens auxquels les pays candidats aspirent ». Mais il est clair pour le ministre que les agricultures des nouveaux états membres seront confrontées à des problèmes qui relèvent très largement d’une logique de développement rural.

Source : Les Échos

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