Dollar sous la barre des 90 cents

Publié: 27 janvier 2014

Le dollar canadien a reculé sous les 0,90$ la semaine dernière, une valeur, par rapport à la devise américaine, qu’il n’avait atteint depuis 2009.Les déclarations de la Banque du Canada laissant entendre une politique monétaire souple pour encore un an a convaincu plusieurs investisseurs à délaisser le dollar. La Chine a aussi connu une contraction de son secteur manufacturier, ce qui a mis sur la sellette tous les pays producteurs de ressources naturelles, tels que le Canada.

La baisse du dollar fait l’affaire du gouvernement canadien qui souhaite donner un coup de pouce aux exportateurs canadiens, surtout que l’économie américaine semble enfin donner des signes de vigueur, tout comme celle de la zone euro. L’économie canadienne a aussi été fortement soutenue par la consommation interne depuis la récession mais les taux d’endettement de la population ont atteint des niveaux sans précédents. Le gouvernement souhaite ainsi que les exportations reprennent le flambeau et soutiennent l’économie canadienne. La balance commerciale a d’ailleurs été déficitaire de près d’un milliard en novembre dernier.

La faiblesse du dollar canadien aura de nombreuses conséquences à moyen et à long terme. Il est assuré que les exportateurs sortiront gagnants, tels que les producteurs de ressources naturelles ou de matières premières. Les producteurs de blé de l’ouest, ainsi que les producteurs de viande en font partie. La demande devrait en plus être stimulée par les discussions d’accord de libre-échange avec l’Europe, mais également avec plusieurs partenaires de l’Asie, telle que l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Japon. Et bonne nouvelle pour les éleveurs, le prix de la carcasse de viande a atteint des sommets dans les dernières semaines, une tendance qui devraient encore là se maintenir pendant plusieurs mois. Les manufacturiers exportant principalement leurs produits seront également favorisés.

En contrepartie, le coût de toutes les marchandises importées des États-Unis et d’ailleurs devraient augmenter. C’est le cas pour les produits pétroliers, les fertilisants, les pièces d’équipements et la machinerie.

Mais somme toute, les produits agricoles canadiens devraient pouvoir tirer leur épingle du jeu cette année.

Pour d’autres prévisions économiques, consultez les enjeux économiques de 2014 selon Jean-Philippe Gervais, économiste agricole en chef à Financement agricole Canada.

À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.