Résurrection du blé d’hiver

Les nouvelles racines en forme de crochet confirment que oui le blé est ressuscité

Publié: il y a 2 heures

Un peu de vert beaucoup de brun. Le blé semble très amoché.

Après six mois d’attente, c’est toujours un peu normal d’angoisser sur la confirmation de la survie de notre blé d’hiver. Avec les années, j’ai abandonné l’idée un peu folle d’aller chercher des blocs de sol gelé afin de les faire démarrer à la chaleur dans le garage.

Pensez-y deux minutes! Sortir dehors, enfiler les raquettes, tasser la neige, briser le sol avec une perceuse à percussion, sortir le bloc et apporter ça à l’atelier, comme si c’était un bloc de minéraux rares.

Je suis probablement plus paresseux ou plus confiant par rapport à nos statistiques de survie. Je garde mon énergie afin de bien identifier s’il est bien vivant à la période cruciale du printemps. On a un taux de réussite de neuf années sur dix. Donc on a toujours un plan B au cas ou.

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Cette année, on a retardé le semis du trèfle par drone parce que j’avais l’impression que le blé avait plutôt une allure brûlée. Ce n’est pas la première fois que ça arrive, mais cette année, avec l’hiver qui ne semble pas vouloir nous quitter, j’avais le sentiment que le blé finirait par s’épuiser.

La semaine dernière, il y avait encore une solide couche de sol gelé à 8-10 cm. La base des plants est solide et bien verte. On avait de petites racines toutes blanches. J’avais de la difficulté à croire que c’était de nouvelles racines 2026 avec le peu de chaleur.

J’envoie la photo sur le groupe de la cohorte du blé d’hiver. Non, ce n’est pas une nouvelle racine, mais bien le mésocotyle. C’est un genre de tige qui relie l’ancienne graine à la couronne de croissance. Elle est bien vivante, mais ça ne fait pas partie de la confirmation que la reprise 2026 est bien en cours. Bon ça dégonfle mon enthousiasme. Je me dis que je devrai encore attendre un peu avant de m’emballer. J’en profite pour revisiter le fameux plan B.

La racine blanche et droite sous la couronne s’appelle le mésocotyle. Elle est vivante, mais n’absorbe pas d’éléments.

La pluie du week-end accompagnée d’un peu de chaleur pourrait probablement nous donner un tout nouveau portrait. Je ne prends pas de chance, j’appelle le forfaitaire pour réserver notre semis de trèfle par drone dès le début de la semaine.

Lundi matin, je me retrouve au champ afin d’évaluer la vitesse des vents. Trop venteux pour effectuer le semis par drone, mais j’en profite pour réévaluer l’évolution de la couronne de croissance. Eh boy! Le champ est encore plus amoché que la semaine dernière. Le blé semble avoir mangé toute une volée. Des sections brunes des sections plus vertes.

Beaucoup de brun.

J’investigue la section brune. Les tiges sont encore bien attachées aux racines. Quand on tasse le feuillage du haut, on aperçoit que la base est verte. Sort la pelle pour constater que le gel est complètement disparu. Sort les racines de blé gommé de boue. Cette fois ci, j’avais apporté ma bouteille d’eau afin de laver les racines pour mieux observer la croissance des racines.

Wow! J’aperçois de toutes nouvelles racines! Une preuve additionnelle qui confirme que « du blé d’hiver ça veut vivre ». Malgré leur air amoché, les nouvelles racines en forme de crochet confirment que oui le blé est ressuscité. Tout ce processus en trois jours.

Laver les racines nous permet de mieux les observer. La petite corne du diable est une toute nouvelle racine. Décollage!

Comme Artémis, on pourra dire « décollage » vers une nouvelle mission agronomique. Enfin soulagé! On devrait réussir à fournir un blé de qualité alimentaire à nos citoyens. Imaginez : un bon pain croûté d’Ici accompagné d’un coulis de vrai sirop d’érable. C’est comme ça qu’on fête Pâques au « North Eastern Winter wheat belt ».

Notre saison est décollée! Profession agriculteur.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Caplette

Paul Caplette

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.