Entre deux bourdons et un goglu

Le temps s’est arrêté. Je me suis senti libéré!

Publié: il y a 1 heure

Bande fleurie naturelle en bordure d’un champ de grandes cultures. Photo: Geneviève Labrie

En général, j’écris mon texte très tôt le matin. C’est plus tranquille donc plus facile de rester concentré. Mais il arrive à l’occasion que je doive l’écrire sur l’heure du dîner. À condition qu’il y ait une vraie heure du dîner. La formule de mes textes doit correspondre à ce que je vis ou ressent au moment d’écrire le texte. Pour arriver à mon 577e texte, j’ai dû me donner une discipline d’écriture afin d’arriver à rester constant dans la régularité de mes publications. Mais parfois il arrive que les évènements se bousculent, comme mardi dernier.

Je devais faire de la préparation tôt dans l’atelier afin que ce soit prêt pour l’arrivé du mécano. Une fois les directives de départ exécutés, je prévoyais me réserver une période pour terminer mon texte. Arrive un imprévu qui me retarde. Je reprends mon travail dans l’atelier et ce que j’avais défait me semblait devenu un Tétris impossible à remonter.

Woyons, j’oublie quelque chose! En général, je place mes morceaux ou mes fils dans l’ordre que je les démonte pour que ce soit plus facile à remonter. Pas cette fois-ci! Le temps avance. Et voilà que j’ai une livraison qui arrive dans 30 minutes. Le temps de décharger et tout mettre en place. J’ai perdu le fil prévu pour mon texte…

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J’essaie de reprendre mes idées et c’est le blanc. C’est assez rare que ça arrive. Plus je regarde le temps afin de retrouver mes esprits, moins l’idée de départ revient. Pendant ce temps-là, le temps avance. J’avertis les gens du Bulletin. J’ai l’impression de vivre un embâcle de petits travaux qui s’accumulent. Et voilà que je reçois un appel pour préparer le suivi biodiversité 2026 de nos champs. J’aurais pu dire rappelle-moi plus tard! Ce n’est pas le temps! Je la rassure… pas de problème, j’ai un peu de temps.

On discute de goglus des prés dans nos champs de blé d’hiver et de certains projets d’aménagements pour la biodiversité. Eh pendant qu’on discutait de nos belles et intéressantes observations sur la présence des goglus dans nos champs de blé d’hiver. Mon stress, qui avait tendance à monter de niveau à chaque heure depuis la matinée, est complètement disparu. J’avais le chant du goglu en tête et des images de nos bandes fleuries envahies par les bourdons.

Le temps s’est arrêté. Je me suis senti libéré! Et pendant que je discutais, j’ai eu cette idée de réflexion. Les intrants montent, les marchés sont instables, la nouvelle saison arrive et le niveau de stress est en croissance constante. L’idée de bonifier et de réaménager notre espace de travail prend tout son sens. Autant dans notre environnement de travail intérieur qu’à l’extérieur. Les saisons passent, mais les aménagements, les images et les ressentis restent. Et c’est ce qui nous fait ressentir qu’on fait le plus beau métier du monde.

Profession agriculteur

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Caplette

Paul Caplette

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.