Ajouter des fleurs : une bande à la fois

On n’a pas eu besoin d’utiliser des insecticides pour les pucerons dans notre soya depuis 20 ans

Publié: il y a 2 heures

Réaménager l'espace autour de nos champs.

Ça se passait le 25 février dernier. Une journée toute entière consacrée aux bandes fleuries agricoles. Le but de cette journée :  présenter les avancées de la recherche et favoriser les échanges entre producteurs, intervenants et chercheurs. Organisé par : Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), Dura-Club, PRISME, ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ).

Lors de cette journée, j’avais le privilège de partager notre cheminement par rapport à nos aménagements fleuris. Auparavant, on avait des présentations plus scientifiques très intéressantes par rapport aux bienfaits d’avoir des zones aménagées qui peuvent servir autant aux pollinisateurs qu’à loger certains prédateurs bénéfiques tout près des cultures.

Des présentations très inspirantes d’autres agriculteurs qui ont partagé leurs façons de faire ainsi que les observations qu’ils ont pu en tirer. Je dirais qu’en production végétale comme chez nous, on a grandement avantage à bonifier l’efficacité de nos bandes riveraines. Tant qu’à avoir à respecter une largeur règlementaire sur une base de surface en centimètres, pourquoi pas y installer avec différentes plantes qui peuvent bonifier cet espace?

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Objectif : s’assurer que ce qui se passe dans le champ reste dans le champ. Et pourquoi ne pas en profiter pour nourrir nos pollinisateurs et les oiseaux tout autour? Je sais que le fait d’installer des arbres ne plait pas à tout le monde. Pas de problème, on peut aller plus vers les arbustes et les fleurs.

Dans notre cas, on aime mieux les vivaces pour le choix des fleurs. On obtient un meilleur effet absorpsion des éléments sur l’année complète tout en ayant moins d’entretien à faire. Ça peut paraitre futile de parler de l’efficacité de nos arbustes et de nos fleurs dans un contexte de hausse du prix des terres et des intrants, en plus des baisses des prix.

L’effet bénéfique des prédateurs naturels s’ajoute à une nouvelle façon d’aménager notre espace autour de nos champs ainsi qu’une modification de nos interventions. On pourrait se demander si ça vaut la peine de faire tous ces efforts. Ça n’a peut-être aucun rapport, mais on n’a pas eu besoin d’utiliser des insecticides pour les pucerons dans notre soya depuis 20 ans. Les coccinelles sont assez nombreuses pour s’en charger.

On utilise aucun insecticide de semence dans nos champs de maïs-grain. Aucun fongicide dans le soya non plus. Sol en santé, semis quand le sol est prêt, un système de cultures varié qui inclut des couverts végétaux bordés de fleurs et d’arbustes autour des champs.

Et si c’était ça notre façon d’aménager nos champs? Bon rendement, moins de dépenses d’intrants, amélioration de la biodiversité, meilleure qualité de l’eau. Une raison de plus pour favoriser l’achat local par nos consommateurs. Des agriculteurs d’ici qui nourrissent les gens d’ici en offrant des performances environnementales qui correspondent aux souhaits des gens d’ici.

Profession agriculteur

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Paul Caplette

Paul Caplette

Agriculteur et collaborateur

Paul Caplette est passionné d’agriculture. Sur la ferme qu’il gère avec son frère en Montérégie-Est, il se plaît à se mettre au défi et à expérimenter de nouvelles techniques. C’est avec enthousiasme qu’il partage ses résultats sur son blogue Profession agriculteur.