Les drones en action ce printemps

Le Centre d'innovation agricole a réalisé des semis de vasage pour repeupler des prairies

Publié: il y a 1 heure

Semis au drone le 2 avril 2025.

La popularité des drones se confirme d’année en année. La professionnalisation de leur utilisation et leur praticabilité face aux aléas de la météo font en sorte qu’il est de plus en plus commun de voir les appareils voler dans les champs.

Les appareils sont déjà d’ailleurs en action. Plusieurs agriculteurs en ont fait mention, alors que la saison débute à peine au Québec. Catherine Patenaude, du Centre d’innovation agricole (CIA) de Coaticook indique avoir été sollicitée afin de réaliser des semis de vasage pour repeupler ou regarnir des prairies. Le centre a pu se doter d’un drone T140 grâce à une subvention obtenue par la MRC en 2024. Le service est offert depuis trois ans dans la région. Il a été étendu cette année à tous les producteurs de l’Estrie.

William Overbeek, des Drones Overbeek, confirme l’engouement. « La demande est là, on a fait jusqu’à maintenant 1050 hectares (en date du 14 avril) comparativement à 400 hectares pour tout le printemps l’an dernier ». Un des pionniers des drones au Québec a troqué ses deux appareils pour deux modèles plus gros et puissants, en plus d’voir une cuve lui permettant de pulvériser de l’engrais, une nouveauté cette année.

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Depuis le début de l’année, il a ainsi réalisé des sursemis et des implantations de prairies, en plus de faire des semis de printemps. Avec la chaleur qui s’invite enfin, il a aussi pulvérisé de l’engrais sur les céréales de printemps dont les besoins en azote vont bientôt se faire sentir à la fin de leur hivernage. Comme à l’habitude, il a testé et perfectionné ses techniques à la ferme familiale avant de les offrir via son entreprise.

En ce moment, les appels rentrent chez la jeune entreprise au fur et à mesure que le calendrier avance et que la météo permet de faire les passages. William Overbeek profitait d’ailleurs de la pluie du 14 avril dernier pour répondre à nos questions en ajoutant qu’il planifiait faire quelques sorties le 15 et le 16. Et preuve que l’intérêt s’accroit, il mentionnait avait reçu un appel de l’Ontario.

Le téléphone sonne aussi au CIA, bien que la météo commence à être moins propice au vasage. On disait toutefois être disponible pour offrir les services selon les demandes des producteurs.

Coût pour l’utilisation d’un drone

Les coûts varient d’une entreprise à l’autre. Tout dépend du taux d’application et de la dose d’engrais. William Overbeek ajoute que la configuration du champ peut faciliter le travail. Les champs longs et étroits permettent au drone de prendre de la vitesse et de travailler rapidement. Il indique qu’un épandage de trèfle est habituellement 15 hectares à l’heure, tandis qu’une application d’engrais est de 5 hectares à l’heure.

Au Centre d’innovation agricole, il en coûte 50$ du déplacement, et un 30$ supplémentaire à l’hectare, un prix nettement moindre que dans les entreprises privées, surtout que la configuration des champs est moins avantageuse qu’en Montérégie. Le prix reflète également le fait que le service soit offert par un OBNL.

Catherine Patenaude précise que le drone sera disponible plus tard en saison, dès fin juin, pour semer des intercalaires dans le maïs, des engrais verts en dérobé après le maïs-ensilage, le soya et les céréales. Pour la première fois cette année, le CIA effectuera un peu d’épandage de biostimulants, puisqu’il ne s’agit pas de pesticide.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.