Blair va reporter les élections pour cause de fièvre aphteuse

Londres (Grande-Bretagne), 1er avril 2001 – Tony Blair a décidé de reporter les élections législatives attendues pour le 3 mai en raison de l’épidémie de la fièvre aphteuse qui fait rage en Grande-Bretagne, a-t-on appris dimanche de sources politiques.

La presse britannique est unanime pour annoncer que le Premier ministre va finalement passer outre à l’avis de la plupart de ses ministres qui voulaient qu’il ignore la catastrophe pour ne pas perdre son avantage dans les sondages.

Face à un barrage d’articles dans le Sunday Times, l’Observer ou sur les ondes de la BBC, le 10, Downing Street se contente de répéter inlassablement que le Premier ministre agira “au mieux des intérêts de l’ensemble du pays”.

Les membres du gouvernement ont tenté de rester discrets mais le ministre de l’Environnement, Michael Meacher, et le ministre des Affaires étrangères, Robin Cook, ont pratiquement confirmé le report du scrutin.

“Il est évident que nous allons dans cette direction mais il n’y pas eu d’annonce officielle”, a dit le premier au micro de Radio 5, chaîne de la BBC.

“Je peux très bien comprendre pourquoi Tony Blair pourrait décider que nous avons besoin de temps pour mettre en place le dispositif de lutte contre la fièvre aphteuse avant de nous présenter devant les électeurs”, a dit le second.

Le suspense devrait être levé rapidement car la loi électorale impose au Premier ministre de convoquer les élections au plus tard le lundi 2 avril s’il souhaite qu’elles aient lieu le 3 mai.

Les ravages de la fièvre aphteuse
De source politique, on déclare que la fièvre aphteuse a été le principal critère de la décision de Tony Blair. En six semaines, l’épidémie a contaminé 875 élevages et poursuit inexorablement sa progression avec 50 nouveaux foyers confirmés au cours des dernières 24 heures. Des centaines de milliers d’animaux ont été abattus ou sont en attente d’exécution.

De l’agriculture au tourisme, des pans entiers de l’économie britanniques sont menacés.

L’opposition, les syndicats agricoles, des personnalités de l’église anglicane et même certains élus travaillistes soutiennent qu’organiser des élections serait indécent dans une telle période de crise.

Selon un sondage publié par le Daily Telegraph, 60% des Britanniques ne comprendraient pas que le Premier ministre se disperse dans une campagne électorale alors qu’il a pris personnellement en charge la lutte contre l’épizootie.

Des ministres et dirigeants travaillistes jugent en revanche que reporter le scrutin ferait courir à Tony Blair le risque de perdre sa popularité dans les sondages si la fièvre aphteuse continue ses ravages.

Ils citent l’exemple de James Callaghan qui avait renoncé à convoquer des élection prévues fin 1978 et avait été chassé du pouvoir six mois plus tard, par un hiver de grèves.

Elu en mai 1997, Tony Blair a jusqu’à 2002 pour se représenter devant les électeurs mais la tradition électorale anglaise veut que les chefs de gouvernement réduisent la durée de leur mandat si le climat politique leur est favorable.

Les derniers sondages montrent une érosion de la cote du gouvernement travailliste mais il conserve tout de même une confortable avance avec 48% des intentions de vote contre 32% au Parti conservateur et 15% au Libéraux-Démocrates.

Source : Reuters

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