Condamnation Bové: les réactions politiques

Paris (France), 6 février 2002 – Le rejet du pourvoi en cassation de José Bové, qui devra donc exécuter sa peine de 3 mois de prison ferme suite aux dégradations commises sur un restaurant McDonald’s, a suscité des réactions indignées à gauche, François Hollande déclarant que la place du leader syndicaliste « n’est pas en prison ».

La droite a été on ne peut plus discrète: aucun de ses représentants n’avait réagi mercredi soir.

« Pas surpris de la décision », José Bové a précisé qu’il y aurait prochainement un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme pour « faire reconnaître le droit à la légitime révolte ».

« On ne peut pas excuser la violence, mais on ne peut pas accepter deux poids deux mesures », a déclaré de son côté le premier secrétaire du PS François Hollande, relevant que d’autres violences « n’ont pas donné lieu à ce type de sanctions ».

« Savoir qu’un défenseur d’un certain nombre de thèses entendues par les Français, qu’un militant comme lui peut se retrouver en prison, doit poser des questions, pas seulement à la magistrature mais à l’ensemble de la vie politique et sociale », a-t-il ajouté.

Pour Noël Mamère, candidat des Verts à la présidentielle, « on ne peut pas accepter aujourd’hui que les plus pauvres soient condamnés alors que les politiques, au plus haut de l’Etat, bénéficient de l’immunité ».

Présent à la manifestation de soutien au leader paysan devant le palais de justice de Paris, il a appelé à une « mobilisation globale ». « Cette décision ne peut que donner une dimension plus politique au combat de José Bové », a-t-il ajouté.

Affirmant sa « totale solidarité », Dominique Voynet, secrétaire nationale des Verts, a indiqué avoir « lancé un appel parmi les personnalités prêtes à faire une journée de prison chacune à la place de José Bové, parmi lesquelles figurent déjà Noël Mamère » et « elle-même ».

Les agriculteurs responsables du saccage de son bureau lorsqu’elle était ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement « ont été condamnés à une simple amende et il n’y a pas eu appel », a-t-elle souligné.

Pour Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), « la cour de cassation apporte un édifice supplémentaire à la criminalisation du mouvement social ». Même tonalité à la CGT et au PCF. Selon Patrice Cohen-Seat, membre de la direction du parti, « envoyer José Bové en prison est injuste et grotesque » car « on ne met pas les idées en prison ».

Quant aux partisans du leader paysan, ils ont manifesté leur colère devant le palais de justice de Paris aux cris de: « scandaleux! », « Chirac en prison! », « justice à deux vitesses! ».

Son organisation, la Confédération paysanne, a jugé la décision « inacceptable » et a appelé à une « révolte » et à une « mobilisation générale » contre ce qu’elle considère comme une « provocation ».

« Ca crée un vrai débat en France parce que pour une action syndicale légitime, où des paysans ont voulu se défendre face au boeuf aux hormones américain, cela nous emmène aujourd’hui à la prison« , a déclaré François Dufour, vice-président d’Attac et ancien porte-parole de la Confédération paysanne.

Pour la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA) « un syndicaliste en prison, ce n’est jamais bon« .

Source : AFP

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