Décision du Conseil de presse concernant la plainte de la Fédération des producteurs acéricoles envers La Semaine verte

Montréal (Québec), 10 janvier 2007 – Le président de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec considère que l’équipe de l’émission « La Semaine verte » a failli à sa tâche en réalisant un reportage biaisé dont l’information était inexacte et où primait le sensationnalisme alors que des faits pertinents ont été délibérément mis de côté. Le reportage a été diffusé sur les ondes de la SRC le 12 mars 2006.

Le Conseil de presse a examiné les reproches exprimés par le plaignant contre l’équipe de « La Semaine verte » pour son reportage intitulé « La chaudière déborde ».

L’étude des 19 griefs formulés par le porte-parole de la Fédération desproducteurs acéricoles du Québec (FPAQ), a permis de constater qu’ilsappartenaient à quatre types de manquements particuliers : informationincomplète, manque de vérification, information inexacte et insinuations.

Au chapitre des informations incomplètes, comme le représentant de laFPAQ accusait à maintes reprises les artisans de l’émission d’avoir omisplusieurs informations importantes, il apparaît opportun de rappeler unprincipe maintes fois énoncé par le Conseil. Ce principe veut que l’attentionque les médias et les professionnels de l’information décident de porter à unsujet particulier relève de leur jugement rédactionnel; que le choix de cesujet et sa pertinence, de même que la façon de le traiter, leur appartiennenten propre; et qu’ainsi, nul ne peut dicter à la presse le contenu del’information sans s’exposer à faire de la censure ou à orienterl’information.

Pour cette raison, et comme il n’a pas été démontré que les omissionsreprochées créaient des situations inéquitables à l’endroit des plaignants, leConseil n’a retenu aucun grief sous ce motif.

Les griefs au titre de manque de vérification ont également été scrutéspar le Conseil qui n’a pu conclure dans le même sens que le plaignant sur cetaspect. Ils ont donc également été rejetés.

En ce qui a trait à l’exactitude de l’information, le Conseil a constatécinq manquements à ce chapitre. Deux de ces manquements ont été reconnus parles mis-en-cause qui ont procédé à une rectification dans une émissionsubséquente. A ce sujet, la tradition en pareil cas veut que lorsque larectification est faite convenablement et dans un délai raisonnable, leConseil ne retienne pas le grief.

La troisième inexactitude relevée consistait à avoir affirmé que « tous »les transformateurs de sirop d’érable sont maintenant certains que lastructure unique de commercialisation nuit à leur industrie, alors que lajournaliste aurait plutôt dû utiliser l’adjectif « certains ». Le rédacteur enchef de l’émission a reconnu qu’il y avait certains transformateurs « quis’accommodent bien du système ». Ce manquement mesuré à l’échelle de l’émissiona tout de même été considéré comme mineur.

Une autre inexactitude relevée est survenue au moment du bilan, en find’émission, la journaliste parle d’une « chute marquée de la rentabilité » dansl’industrie. Aux yeux du Conseil, et sur la base des informations fournies,elle aurait dû dans ce cas nuancer ses propos et ajouter qu’après que lecontingentement ait abouti à une chute marquée de rentabilité, la situations’est ensuite progressivement améliorée.

La dernière inexactitude portait sur l’affirmation que les surplus desirop d’érable en inventaire n’avaient pas été réduits. Dans sa réponse, leporte-parole des mis-en-cause indiquait que : « le succès des mesures ayantpermis une réduction de 15 % des inventaires (…) est décevant ». Ilreconnaissait donc implicitement qu’il y a eu réduction, et donc, qu’il y a euinexactitude dans ce qui a été énoncé, même si une moyenne de 3 % par année nereprésente pas dans les faits une baisse spectaculaire et que les mis-en-causel’ont alors considérée comme négligeable. Cette inexactitude a donc étéégalement retenue.

Le plaignant déplorait également le fait d’avoir utilisé la famille Varincomme exemple d’acériculteurs mécontents. Après examen, le Conseil a considéréque ce choix était, en effet, inapproprié, puisqu’il laissait croire quel’entreprise de ce couple d’acériculteurs était, en pratique, assujettie àl’ensemble des contraintes imposées la FPAQ. Le Conseil a donc retenu legrief, également au motif d’inexactitude.

Le plaignant a déploré à plusieurs reprises les insinuations présentesdans le reportage de « La Semaine verte », qui auraient créé dans le public uneperception négative à l’endroit de son organisme. Après analyse du dossier, leConseil de presse du Québec en est venu à la conclusion qu’il n’y avait pas detels manquements dans l’émission en question.

Au cours de son analyse du dossier, le Conseil a pu observer un travailde recherche fouillé et une rigueur générale dans tout le reportage examiné.De plus, le point de vue de la Fédération des producteurs acéricoles du Québeca été largement exposé dans le reportage.

Par conséquent, tenant compte des nuances apportées et aux motifs desgriefs retenus pour inexactitude, le Conseil de presse retient partiellementla plainte contre l’émission « La Semaine verte » de la Société Radio-Canada,son équipe et sa direction.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs acéricoles du Québec
http://www.siropderable.ca

Semaine verte
http://www.radio-canada.ca/semaineverte

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