L’agriculture, voie d’avenir pour Cuba

Canne à sucre

Pays parmi les plus pauvres de la planète, Cuba devra miser sur son agriculture. Reportage de notre journaliste Marie-Josée Parent, de retour de Cuba.

L’agriculture a toujours fait partie intégrante de l’économie cubaine.Ce pays insulaire des Antilles est peuplé depuis 7000 ans par un peuple paisible, les Arawaks, qui pratiquent l’agriculture et la cueillette, en plus de la chasse et de la pêche. De nombreuses cultures sont millénaires à Cuba, comme le tabac, le coton, le maïs et le manioc.

Manioc (yuca)

Christophe Colomb met pied sur la grande île en 1492 et en fait une colonie espagnole. Au 19e siècle, la culture de canne à sucre prend un essor considérable. Le sucre fait la richesse de grands propriétaires terriens.

La fin du 19e siècle est marquée par des guerres d’indépendance. En 1898, Cuba acquiert son indépendance. Pendant près de quatre ans, jusqu’en 1902, les Américains occupent Cuba pendant la période de transition.

Le café est un arbuste qui pousse sous les arbres.

Pendant près de 50 ans, Cuba se développe sous l’œil protecteur des États-Unis. Pendant cette période, la production bovine prend un essor considérable à Cuba, exportant leur viande de l’autre côté du Golfe du Mexique. En 1959, toutefois, une révolution fait passer Cuba sous une ère communiste. Le lien commercial avec les États-Unis est rompu. Pendant une trentaine d’année, la canne à sucre est au cœur de l’économie du pays. Cuba vend le sucre à l’URSS qui lui vend en retour son pétrole.

La fin de l’URSS marque une période économique difficile pour Cuba. Le tourisme prend de l’essor, mais ce n’est pas suffisant. Les employés de l’état gagnent aujourd’hui en moyenne 350 pesos cubains par mois, soit l’équivalent de 15$ canadiens. Depuis peu, l’état encourage son peuple à créer des micros entreprises. Toutefois, toutes les grandes entreprises et les grandes fermes appartiennent à l’état.

Les élevages bovins ont déjà été importants à Cuba.

L’agriculture reste l’une des plus grandes ressources de ce pays tropical, mais encore faut-il pouvoir vendre ses produits. Les pénuries de pétrole nuisent à la distribution à l’intérieur du pays. Alors, imaginez ce qu’il en est de l’exporter à l’extérieur du pays.

Les productions les plus importantes de Cuba sont : le tabac et la canne à sucre. On produit d’excellents cigares et du rhum. On produit aussi de la noix de coco, du café, du riz, du manioc, des oranges, de la papaye des haricots, des ananas et bien d’autres aliments.

Un poulailler typique de Cuba. Cette ferme appartient à l'état.

Les principaux élevages sont le poulet et le porc. La moitié des porcs est d’ailleurs produite par des habitants qui n’en ont que quelques-uns. Autrefois répandu, le bœuf est une denrée rare, de même que le lait. Un repas typique cubain comprend du riz, des haricots noirs, des concombres, des tomates, du chou, et si disponible, du porc ou du poulet. Contrairement aux Mexicains, la cuisine est peu relevée.

Bananier

Le 15 avril dernier, l’émission Une heure sur terre de Radio-Canada présentait les défis économiques de Cuba. On ne parle pas beaucoup d’agriculture, mais on y apprend notamment que 70% des terres agricoles y sont en friche, un grand échec pour le gouvernement cubain. Pour les gens qui l’ont manqué, il est possible de la visionner sur Tou.tv.

PHOTOS : MARIE-JOSÉE PARENT

à propos de l'auteur

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.

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