Le secrétaire général des Nations unies dénonce les subventions agricoles

Rome (Italie), 10 juin 2002 – Le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a appelé les pays riches à renoncer à subventionner leur agriculture, soulignant que ces aides entravent l’accès des pays pauvres aux marchés mondiaux des denrées.

Prié de dire si les pays développés devraient renoncer à protéger leur agriculture en cessant de la subventionner, Kofi Annan a déclaré dans un entretien à Reuters : « Absolument. Nous ne pouvons pas parler de libre-échange et effectivement ouvrir nos marchés si nous faisons cela. »

S’exprimant en marge du Sommet mondial de l’alimentation, qui se déroule à Rome, siège de la FAO, Kofi Annan ajouté : « a quoi bon soutenir l’industrie laitière dans les pays en voie de développement (PVD) pour leur vendre ensuite du lait en poudre subventionné qui menace la pérennité de leur production. » Selon les Nations unies, les pays riches consacrent quelque 300 milliards de dollars chaque année à subventionner leur production agricole, ce qui déprime le cours des denrées sur le marché mondial et empêche les agriculteurs des PVD d’y accéder.

« Mettez-vous à la place d’un petit PVD, qui ne peut pas exporter sa production agricole en raison de restrictions ou de droits de douanes, un PVD qui ne peut pas exporter et accéder au marché mondial parce que ses partenaires plus riches sont fortement subventionnés, » a poursuivi Annan.

Ces propos sont les plus fermes qu’il ait tenus sur ce sujet. Les Nations unies se contentaient jusqu’à présent de souligner que la protection de leur agriculture par les pays riches créait une distorsion de concurrence.

Dans son discours d’ouverture du sommet, Annan avait déclaré que le dumping de leurs produits agricoles par les pays riches pouvait conduire à dissuader les agriculteurs des PVD de produire provoquant chômage et pertes de revenus.

« Nous devons évaluer soigneusement les conséquences des subventions qui sont attribuées aux producteurs des pays riches, » a ainsi déclaré Kofi Annan aux participants au sommet mondial de l’alimentation.

« En réduisant les prix de l’alimentation dans les pays les plus pauvres, elles (les subventions) peuvent soulager la faim dans certains cas, à court terme, » a-t-il dit. « Mais le dumping de surplus (agricoles subventionnés) peut aussi avoir des effets dévastateurs à long terme — depuis leur impact dissuasif sur la production locale jusqu’au chômage — tout en rendant impossible l’accès des PVD au marché mondial, » a-t-il expliqué.

Source : Reuters

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