Les solutions pour l’industrie forestière ne doivent pas devenir les problèmes de la forêt privée

Longueuil (Québec), 1er décembre 2006 – La Fédération des producteurs de bois du Québec (FPBQ) et le Regroupement des sociétés d’aménagement forestier du Québec (RESAM) dénoncent l’intention du gouvernement de modifier un principe fondamental de la Loi sur les forêts pour donner une plus grande marge de manoeuvre commerciale aux détenteurs de contrats d’aménagement et d’approvisionnement forestier (CAAF). Le projet de Loi no 49 actuellement àl’étude prévoit en effet de modifier la Loi sur les forêts afin qu’une usinepuisse acheminer du bois vers d’autres usines avec très peu de formalités etsans que le ministre ne se penche sur la pertinence de ces changements dedestination.

Pour les présidents des deux organismes, l’inclusion de l’article 43.1.1dans la Loi sur les forêts vient réduire de façon importante le principe de larésidualité. « C’est une brèche importante dans un principe fondamental de laLoi. C’est rouvrir la porte aux usines pour qu’elles se servent du bois de laforêt publique pour réduire les livraisons en provenance de la forêt privée etpour faire des pressions à la baisse sur les prix » de déclarer M. Jean-GuyRioux, président du RESAM. Et d’ajouter M. Pierre-Maurice Gagnon, président dela FPBQ : « Ce ne sont pas des paroles en l’air. On vit déjà ces pressions dansles régions. Plusieurs de nos producteurs n’ont plus de marché mais voient dubois des forêts publiques rentrer dans les cours d’usines. Imaginez ce que cesera quand les usines auront une marge de manoeuvre légitime inscrite dans laLoi. C’est désespérant! ».

La FPBQ et le RESAM ont demandé à être entendus sur ce sujet encommission parlementaire, ce qui leur a jusqu’à maintenant été refusé. Si lesdeux organismes peuvent comprendre que le gouvernement souhaite donner suite àune recommandation de la Commission Coulombe et offrir aux industriels plus desouplesse, ils tiennent à ce que le ministre responsable de la Loi sur lesforêts se dote aussi de plus de souplesse pour intervenir quand il pourra êtredémontré que des usines abusent de cette nouvelle ouverture pour fairepression sur les fournisseurs de la forêt privée. En commentant cettesituation, M. Gagnon a déclaré « C’est clair qu’en voulant trouver une solutionpour les difficultés de l’industrie, on va créer un gros problème pour laforêt privée. Ce n’est pas à nos producteurs de faire les frais de la criseforestière, eux à qui le Plan de soutien au secteur forestier n’offre déjàrien de valable quand les usines leur ferment leurs portes. »

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des Producteurs de Bois du Québec (FPBQ)
http://www.fpbq.qc.ca

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