Les États-Unis ont un plan anti-fièvre aphteuse prêt à l’emploi

Washington (États-Unis), 31 mars 2001 – Si la fièvre aphteuse devait atteindre leur sol, les Etat-Unis pourraient réagir en urgence en activant un plan qui prévoit un « enchaînement de mesures » allant de l’interdiction des déplacements de bétail jusqu’à la mise en quarantaine de tout l’Etat concerné.

Un premier cas confirmé de fièvre aphteuse sur le territoire américain « entraînerait des mesures immédiates appropriées, locales et nationales, afin d’éliminer la crise et d’en minimiser les conséquences », souligne le département de l’Agriculture dans un résumé de ce plan rendu public vendredi.

Ce plan d’urgence, qui existe depuis des années, peut encore faire l’objet de « réglages » en fonction des discussions avec les industriels et les Etats concernés, a précisé pour sa part Alfonso Torres, un des responsables du service d’inspection animale et végétale au département de l’Agriculture.

Malgré l’épizootie de fièvre aphteuse qui sévit actuellement en Grande-Bretagne et dans plusieurs autres pays d’Europe ou d’Amérique latine, les Etats-Unis n’ont fait état, à ce jour, d’aucun cas sur leur sol, malgré la centaine de tests effectués chaque année sur des animaux présentant de possibles symptômes. Le dernier cas confirmé de fièvre aphteuse aux Etats-Unis remonte à 1929.

« Jusqu’à présent, nous avons été efficaces (contre la maladie, NDLR), et je crois que nous continuerons à l’être », a assuré M. Torres.

Selon le plan diffusé par le département de l’Agriculture, un cas positif de fièvre aphteuse déclencherait un « enchaînement de mesures » qui commencerait par une concertation entre les autorités fédérales et celles de l’Etat concerné.

Les services vétérinaires de l’Etat placeraient alors en quarantaine l’exploitation agricole touchée et mettraient en place des périmètres de sécurité. Selon les circonstances et la gravité du phénomène, les mesures suivantes pourraient être prises: l’interdiction des mouvements de bétail à l’intérieur des frontières de cet Etat, l’abattage du troupeau concerné, la recherche de la faune voisine susceptible de propager la maladie, jusqu’à la mise en quarantaine de l’Etat avec limitation des déplacements de véhicules.

« L’idée d’arrêter immédiatement les déplacements afin que les gens, les animaux et les camions ne bougent plus est absolument cruciale », a estimé Lonnie King, doyen de l’école vétérinaire de l’Université d’Etat du Michigan et ancien administrateur du service d’inspection fédéral. « Si tous les mouvements cessent, alors on peut rattraper la maladie. Si ce n’est pas le cas, la maladie a toujours deux ou trois pas d’avance sur vous. »

En cas d’abattage massif, le plan préconise d’enterrer les animaux, plutôt que de les brûler. L’inhumation est considérée comme une technique plus simple, plus rapide et « moins polluante ». Le plan n’exclut pas de recourir à la vaccination en cas de besoin. Selon M. Torres, le département de l’Agriculture dispose d’une réserve suffisante de doses de vaccin.

Interrogé à ce sujet, le porte-parole de la Maison Blanche, Ari Fleischer, a expliqué que le président George W. Bush s’est « préoccupé de savoir si les Etats-Unis prennent les mesures appropriées » face à l’épizootie qui sévit en Europe et « il a exprimé sa satisfaction de voir que nous les avons prises ».

Source : AP

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