« À peine assez pour garder la tête hors de l’eau » – Laurent Pellerin

Longueuil (Québec), 1 mars 2001 – « Le ministre Vanclief a beau annoncer l’injection de 500 millions supplémentaires pour relever, dit-il, les défis auxquels fait face le secteur agricole canadien, cette somme suffira à peine pour les agriculteurs du pays à garder la tête hors de l’eau. »

Ainsi a réagi le président de l’Union des producteurs agricoles (UPA), M. Laurent Pellerin, relativement à une annonce faite aujourd’hui par le ministre fédéral de l’Agriculture, M. Lyle Vanclief, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle de la Fédération canadienne de l’agriculture (FCA), à Ottawa.

« Je salue les efforts de M. Vanclief pour être arrivé à convaincre le Conseil des ministres de délier les cordons de la bourse, a déclaré M. Pellerin. Malheureusement, c’est insuffisant pour sortir l’agriculture canadienne des difficultés chroniques avec lesquelles elle est aux prises depuis de nombreuses années. »

M. Pellerin, qui est également 1er vice-président de la FCA, a tenu à souligner que son analyse est largement partagée par ses collègues de l’Ouest et de l’Ontario, présents, eux aussi, aux assises annuelles de la FCA et qui ont réservé un accueil pour le moins mitigé à l’annonce du ministre.

Il faut savoir, a expliqué M. Pellerin, que les 500 millions annoncés aujourd’hui sont insuffisants pour contrer l’augmentation vertigineuse des coûts de production qu’a connue le secteur agricole canadien l’an dernier, qui a dû notamment faire face à une flambée incontrôlable du coût de l’énergie (carburant, transport et intrants).

Rappelons en outre que les producteurs agricoles canadiens ont fait les frais d’une baisse de revenus quasiment sans précédent l’an dernier, principalement dans la production de céréales. Les conditions de récolte ont été particulièrement difficiles à la grandeur du pays, y compris au Québec dans la production de mais où ce fut désastreux.

« C’est encore plus grave, dit-il, quand on sait que les producteurs ne peuvent même pas espérer recouvrer leurs coûts sur les marchés, tellement la guerre des subventions des autres pays producteurs maintient des conditions de marasme chronique ». Il est clair, selon lui, que les agriculteurs canadiens sont dans une véritable impasse et que le gouvernement fédéral ne saisit pas toute l’ampleur du problème.

Pour le 1er vice-président de la FCA, c’est la capacité concurrentielle de l’agriculture canadienne qui est en cause, sinon sa survie. L’agriculture d’ici, a-t-il souligné, doit faire compétition avec celle de concurrents américains et européens qui reçoivent un soutien largement plus imposant de leur trésor public. A titre d’exemple, M. Pellerin a rappelé que les Américains soutiennent leur agriculture à raison de 363 $ par habitant, comparativement à 140 $ pour le Canada.

Ce qu’il faut à l’agriculture canadienne, a-t-il poursuivi, ce sont des mesures structurantes à long terme, tel un programme compétitif de sécurité du revenu qui permettrait de faire face aux aléas du marché. Jusqu’à maintenant, le gouvernment canadien est resté sourd à cette revendication, préférant des interventions ponctuelles répétées qui montrent bien par leur récurrence qu’elles sont insuffisantes pour corriger la situation.

« Tant qu’il en sera ainsi, il faudra toujours élaborer des solutions en catastrophe. Des solutions qui minent l’équilibre compétitif du pays sur la scène internationale », de déplorer M. Pellerin, qui n’a pas manqué de rappeler que le soutien fédéral au secteur agroalimentaire canadien a été réduit de moitié au cours de l’actuelle décennie, passant de 5,1 milliards à 2,6 milliards aujourd’hui. « A l’ère des surplus retrouvés et d’une crise de l’agriculture, c’est inadmissible! » a-t-il conclu.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Agriculture Canada

http://Aceis.AGR.CA/

Union des producteurs agricoles (UPA)

http://www.upa.qc.ca/

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