Portrait agroenvironnemental de l’Abitibi-Témiscamingue : des progrès significatifs

Poularies (Québec), 30 mai 2005 – À l’occasion d’une conférence de presse tenue aujourd’hui à la ferme Le Petit Québécois inc., à Poularies, le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et adjoint parlementaire du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Daniel Bernard, et le président de la Fédération de l’UPA d’Abitibi-Témiscamingue, M. Rosaire Mongrain, ont participé au dévoilement des résultats régionaux du sondage sur les pratiques agroenvironnementales des fermes du Québec. L’heure était également au bilan des actions accomplies relativement à la stratégie agroenvironnementale régionale qui se déploie depuis maintenant sept ans.

M. Bernard et M. Mongrain ont tous deux souligné les efforts et les progrès réalisés par les productrices et les producteurs agricoles au cours des dernières années en matière de protection de l’environnement. Les résultats sont révélés dans une étude intitulée Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec.

Les progrès touchent notamment la gestion des fertilisants, la conservation des sols et la protection des cours d’eau. Plus de 9,5 millions de dollars ont été investis par les entreprises agricoles locales et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) pour l’entreposage des fumiers, la sauvegarde des berges et l’aménagement des sites d’abreuvement depuis 1998. Au cours de cette même période, 52 activités de sensibilisation et d’information totalisant plus de 1 800 participants et participantes ont aussi été réalisées. De plus, 28 % des entreprises agricoles sont devenues membres d’un des trois clubs-conseils en agroenvironnement témiscabitibiens.

L’étude effectuée par le MAPAQ, avec la collaboration de l’UPA et d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC), avait pour objet de mesurer l’évolution des pratiques agroenvironnementales des fermes québécoises depuis le premier portrait réalisé en 1998. L’analyse et l’interprétation des résultats de ce sondage ont été confiées à la firme BPR inc., conjointement avec le service de consultation statistique de l’Université Laval. Les informations ont été recueillies auprès d’un échantillon représentatif d’entreprises agricoles des différentes régions du Québec, dont l’Abitibi-Témiscamingue. Des données issues des fichiers du MAPAQ et du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) ont été ajoutées à celles du sondage afin d’obtenir un portrait complet de la situation.

« Je tiens à souligner les efforts remarquables déployés par les entreprises agricoles au chapitre de la protection de l’environnement. En effet, au cours des dernières années, le milieu agricole a travaillé très fort pour se conformer aux règles de l’environnement et je tiens à féliciter les agricultrices et les agriculteurs tout en les encourageant à poursuivre en ce sens », a déclaré M. Bernard.

À la lumière des données recueillies, le plan d’action régional sera révisé afin de poursuivre la stratégie agroenvironnementale et de répondre davantage aux besoins des productrices et producteurs agricoles d’ici.

« Il est clair que nous sommes fiers des résultats obtenus jusqu’à maintenant. On ne peut sûrement pas douter de la volonté des producteurs et productrices de l’Abitibi-Témiscamingue de contribuer à la protection de l’environnement, ni de ceux et celles du reste de la province. Il est évident que nous sommes prêts à relever ce défi et nous le démontrons nettement aujourd’hui », a mentionné le président de la Fédération régionale de l’UPA, M. Rosaire Mongrain.

Pour avoir plus ample information au sujet du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec, vous pouvez consulter le site Internet du MAPAQ.

Faits saillants des progrès réalisés en Abitibi-Témiscamingue
Les faits saillants du Suivi 2003 du Portrait agroenvironnemental des fermes du Québec sont présentés ci-dessous selon cinq thèmes englobant les principaux paramètres des pratiques agroenvironnementales à la ferme.

Thème 1- Réduction de la pollution localisée
Entre 1998 et 2003, l’entreposage en structures étanches (réservoirs et plates-formes) a progressé dans l’ensemble de la production animale, particulièrement en ce qui concerne les bovins laitiers. Avec la réalisation de projets de mise en conformité, le pourcentage du cheptel laitier en Abitibi-Témiscamingue dont les déjections sont entreposées en structures étanches est passé de 40 % à 82 % durant cette période. Il y a eu 71 lieux d’élevage mis en conformité. Ce bond très important nous a permis de rejoindre la moyenne provinciale pour le secteur laitier, où l’on constate une progression de 58 % à 85 %.

En ce qui concerne la mise en conformité selon des aménagements alternatifs, 38 % des entreprises agricoles assujetties ont commencé leur mise en conformité à ce jour par la réalisation de 55 lieux d’élevage.

Pour la période de 1998-2005, le MAPAQ a versé 5 820 000 $ d’aide financière en Abitibi-Témiscamingue, et la part des producteurs se chiffre à 3 280 000 $, pour des investissements totaux de 9 100 000 $.

Thème 2- Réduction de la pollution diffuse par le phosphore et l’azote
Le bilan d’azote et de phosphore illustre la pression exercée par les charges fertilisantes appliquées sur les superficies en culture. Les résultats indiquent un bilan d’azote déficitaire de – 14 kg/ha/année.

Le bilan de phosphore à la surface du sol comptabilise les apports totaux en phosphore provenant du cheptel et des engrais minéraux et les compare aux prélèvements des plantes de l’ensemble des superficies cultivées dans la région. Selon cet indicateur, le bilan phosphore est de 9 kg de P2O5/ha/année et est stable depuis 1998.

Par contre, en Abitibi-Témiscamingue, les sols destinés à l’agriculture sont pauvres en phosphore. On peut envisager, sans risques environnementaux et dans une optique agronomique, de les enrichir pour répondre aux besoins des cultures. Il va de soi que cet enrichissement ne doit pas se faire à l’aveuglette. Les plans agroenvironnementaux de fertilisation (PAEF) et le bilan de phosphore permettent à l’agriculteur et à l’agricultrice, accompagnés de leur agronome, de faire une gestion sensée des apports en fertilisants organiques et minéraux. Si le bilan est ramené sur la base de calcul du besoin des cultures, celui-ci passe à – 26 kg de P2O5/ha/année.

Ce constat découle de la réalisation des bilans de phosphore et des PAEF des entreprises agricoles témiscabitibiennes depuis 1998. En effet, plus de 309 bilans de phosphore ont été remis au ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) et plus de 280 PAEF ont été réalisés. Les résultats du Suivi 2003 montrent une augmentation de 40 % des entreprises qui réalisent un PAEF. De plus, le nombre d’entreprises effectuant des analyses de fumier est passé de 7 % à 58 % en 5 ans.

Thème 3- Réduction de la pollution diffuse par les pesticides
Des efforts importants ont été déployés pour rationaliser l’usage des pesticides, notamment par la lutte intégrée. L’Abitibi-Témiscamingue n’a que 11 % de ses superficies en cultures réceptrices de pesticides. De plus, les producteurs ont eu recours à des techniques comme le désherbage mécanique et les doses réduites d’herbicide sur 40 % des superficies ayant reçu des pesticides.

La proportion des entreprises de la région qui épandent ou ont fait épandre des pesticides et qui tiennent un registre des applications est passée de 27 % à 66 % en 2003. Il s’agit d’une augmentation significative.

Les efforts déployés dans les réseaux d’avertissements phytosanitaires pour aviser les producteurs des périodes propices à l’application de pesticides font en sorte de réduire les quantités de pesticides épandues.

Thème 4- Conservation des sols et protection des cours d’eau
La conduite des cultures en Abitibi-Témiscamingue est de type extensif. D’ailleurs, 78 % des superficies en culture sont constituées de prairies ou de pâturages, élément favorable à la conservation des sols. Compte tenu de ce type de culture, les sols n’ont pas à être travaillés annuellement, ce qui diminue les risques de dégradation.

Pour ce qui est des entreprises dont l’exploitation est traversée par un cours d’eau verbalisé, 75 % d’entre elles ont une bande riveraine d’au moins 3 mètres non labourée le long du cours d’eau.

Le drainage souterrain vise l’évacuation du surplus d’eau contenu dans le sol. Cela permet une meilleure croissance des plantes et de meilleures conditions pour le travail du sol tout en favorisant la conservation des sols. Dans la région, les superficies drainées sont passées de 9 % à 24 % des superficies totales en culture.

Dans les entreprises dont le cheptel a un accès potentiel à un cours d’eau, il y a eu une importante diminution du pourcentage des animaux ayant accès à ce cours d’eau, lequel est passé de 67 % à 39 %.

Depuis 2002, 58 entreprises de la région ont profité du soutien technique et financier offert par le MAPAQ pour l’aménagement de clôtures et d’aires d’abreuvement hors cours d’eau. Ainsi, près de 80 kilomètres de clôtures et 50 kilomètres de conduites d’amenée d’eau aux pâturages ont été installées.

Pour le volet pollution diffuse, le MAPAQ a versé 302 716 $ d’aide financière en Abitibi-Témiscamingue, et la part des producteurs se chiffre à 179 554 $, pour des investissements totaux de 482 270 $.

Thème 5- Réduction des odeurs
Comme la partie boisée occupe 40 % des superficies des entreprises agricoles, une réduction naturelle des odeurs est donc assurée. C’est pourquoi un faible pourcentage d’entreprises agricoles manifestent le besoin de reboiser ou d’installer des écrans boisés.

Par ailleurs, en ce qui a trait à la gestion des engrais de ferme, la proportion des fumiers laissés en surface après épandage a régressé de 86 % à 66 % entre 1998 et 2003.

Clubs-conseils en agroenvironnement
Il est important de souligner que 28 % des entreprises agricoles de la région ont adhéré volontairement à un club-conseil en agroenvironnement (CCAE), où un agronome soutient les productrices et producteurs dans l’adoption de bonnes pratiques agroenvironnementales. Grâce à la contribution des CCAE et à la volonté des productrices et producteurs agricoles, on constate que le bilan agroenvironnemental de l’Abitibi-Témiscamingue évolue positivement depuis 1998.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Association des diététistes au Québec (ADAQ)
http://www.adaqnet.org/

Clubs-conseils en agroenvironnement
http://www.clubsconseils.org

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

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