Quatre outils pour observer la compaction

La compaction, c’est le facteur de dégradation des sols numéro 1 au Québec, devant l’érosion (par le vent et la pluie) et la perte de matière organique. Il existe quelques moyens simples d’évaluer l’ampleur du problème sur sa ferme.

À l’occasion de la journée porte-ouverte du CÉROM la semaine dernière, l’agronome Julie Guérin a présenté quatre techniques, toutes à la portée des producteurs, pour observer la compaction de façon simple. Elles permettent d’évaluer rapidement la compaction, mais pour obtenir des données précises, il faudra les combiner avec des analyses en laboratoire.

Peu importe la technique que vous choisirez, pour bien comparer la compaction, il est suggéré de prélever de la terre là où l’on soupçonne un problème de compaction, dans le même champ là où il ne semble pas y avoir de problème de compaction et à une extrémité du champ où le sol n’est jamais travaillé ni piétiné par la machinerie.

On peut aussi déterminer à quelle profondeur on veut évaluer la compaction : en surface, dans la couche endurée (semelle de labour) ou en profondeur. Selon le choix, il pourrait être nécessaire de creuser mécaniquement. À noter que les conditions très sèches qui prévalent actuellement ne se prêtent pas à de bonnes observations de la compaction avec ces outils.

Les mains!

1) Les mains!
La plus simple des techniques est de prendre une motte de terre dans ses mains et d’évaluer la friabilité. «Si la motte s’effrite en formant de petits et moyens agrégats, tous de moins de 5 cm, on est en présence d’une bonne structure de sol», dit Julie Guérin.

Cylindre à densité

 

2) Cylindre à densité

À l’aide d’un marteau, on enfonce un cylindre à densité (un tuyau de cuivre dans ce cas-ci) dans le sol, jusqu’à ce qu’il soit bien rempli. Plus la densité du sol collecté est élevée, plus le sol est compacté. Pour mesurer la densité, on pèse la terre, puis on divise ce poids par le volume du cylindre. Pour une mesure plus précise, on fait d’abord sécher la terre en la chauffant à 105oC.

Marteau à densité

3) Marteau à densité
Très semblable, mais plus perfectionnée que la technique précédente, celle du marteau à densité facilite le prélèvement d’un échantillon de sol. Son extrémité en métal se détache, puis s’ouvre en deux pour en retirer la terre. Ici encore, on voudra mesurer la densité du sol en divisant la masse de l’échantillon par le volume d’un cylindre.

4) Pénétromètre
Pratique et rapide d’utilisation, le pénétromètre s’enfonce dans le sol par la pression des bras. Un cadran affiche la résistance du sol. La tige est gravée de lignes à tous les trois pouces, de sorte qu’on peut savoir à quelle profondeur on est rendu. Cet outil est loin d’être scientifique. La pression desbras varie d’un utilisateur à l’autre, donc il s’agit avant tout d’un outil d’observation plutôt que de mesure. Le bout de la tige peut être changé, selon qu’il s’agisse d’un sol lourd ou d’un sol léger.

Pénétromètre

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