Sirop d’érable : la Régie des marchés rejette la demande de l’Union Paysanne

Saint-Malachie (Québec), 6 mai 2003 – Dans un jugement de 18 pages, la Régie des Marchés rejette les demandes des producteurs de l’Union acéricole paysanne (et de milliers d’autres qui les appuient en silence) qui demandaient d’être exemptés de l’Agence de vente obligatoire compte tenu des multiples contestations judiciaires et populaires à son égard.

Malgré le mécontentement presque général en raison des coupures qu’ont subi les producteurs sur le paiement de leur sirop de l’an dernier, la Régie privilégie, sans entendre aucune preuve, le système mis en place par les dirigeants de la Fédération et préfère jouer à l’autruche plutôt que de s’attaquer au désordre croissant qui s’installe dans cette industrie et de prêter l’oreille aux problèmes financiers de plus en plus insolubles que vivent les acériculteurs en raison du fonctionnement de l’Agence : incertitude et confusion, réclamation d’avances en trop, sirop invendu et impayé, inventaires accumulés coûteux à entretenir, frais élevés de mise en marché, etc. C’est l’avenir de centaines d’érablières qui est en cause : faudra-t-il attendre des gestes désespérés comme à Shippagan pour que la Régie intervienne?

Au contraire, dans son jugement, la Régie s’en tient à la requête en irrecevabilité présentée par la Fédération, sous prétexte que les demandes de l’Union acéricole paysanne étaient des demandes déguisées de révision des décisions de la Fédération et de la Régie relative à l’Agence de vente. En d’autres mots, il n’est pas permis au Québec à des producteurs de contester ces décisions auprès de la Régie qui les a approuvées.

Ignorant toute la preuve présentée pendant deux jours devant elle, la Régie ne daigne même pas se prononcer sur la demande d’un référendum et la demande de rendre publique l’entente signée entre la Fédération et la Financière agricole fixant les conditions pour donner des avances aux producteurs. En décidant ainsi, La Régie confirme la suprématie du syndicat unique et obligatoire qui contrôle pratiquement toute la mise en marché de la production.

L’Union acéricole, en accord avec l’Union paysanne dont elle fait partie, envisage donc sérieusement de demander une révision de cette décision en Cour supérieure, pour sauvegarder le droit des producteurs à être entendu devant la Régie. Elle entend également faire objection à l’approbation de quotas de production et demander un deuxième plan conjoint pour ses membres dans lequel on garantirait des prix, des modalités de paiement et une gestion des surplus raisonnables, sans agence de vente et sans enlever aux acériculteurs la liberté de produire, de vendre leur produit et de parler librement.

L’Union acéricole paysanne enregistre présentement tous les jours des dizaines de nouvelles adhésions d’acériculteurs qui se rallient à cette option, en dépit du fait que la Fédération ait demandé à la Régie d’interdire à l’Union acéricole de solliciter les producteurs, supposément pour les inciter à contourner l’Agence …

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération des producteurs acéricoles du Québec
http://www.maple-erable.qc.ca/

Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec (RMAAQ)
http://www.rmaaq.gouv.qc.ca/

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

Commentaires