Suisse : la sécheresse cause plus de 65 millions d’euros de dommages à l’agriculture

Zurich (Suisse), 18 juillet 2003 – Une sécheresse historique a touché une grande partie du territoire suisse au cours du premier semestre 2003. Alors qu’il faut remonter à 1976 pour rencontrer un niveau de précipitations plus faible, L’Union suisse des paysans (USP) estime à plus de 100 millions de francs suisses (65 millions d’euros) les dommages à l’agriculture.

Ces dégâts à l’agriculture résultent non seulement du manque à gagner du à de très faibles récoltes mais également des frais supplémentaires pour acquérir du fourrage, a expliqué Roland Furrer, porte-parole de l’USP, en précisant que l’Union n’avait pas encore terminé son évaluation complète de la situation, déjà qualifiée de « catastrophique ».

Le Plateau, le Jura et une grande partie des Alpes ont souffert d’une « extrême sécheresse » lors des six premiers mois de l’année, selon une étude publiée sur Internet par MétéoSuisse. Le premier semestre 2003 est l’un des quatre semestres les plus secs depuis 1901, date des premières statistiques annuelles. En 1921, 1925 et 1929, la même période de l’année a également été avare en précipitations dans d’importantes parties du pays.

Les statistiques de MétéoSuisse remontent à 1864 en certains endroits. Plusieurs premiers semestres de grande sécheresse se sont produits en 1870, 1880 et 1887, avec parfois encore moins de précipitations qu’en 1976. Le mois de juin dernier a été le plus chaud depuis 1864.

La sécheresse inquiète particulièrement les producteurs de légumes qui prévoient au pire des cas une chute de moitié des récoltes de salades, de choux-fleurs, de broccolis et de fenouils. Les précipitations des derniers jours sont tout à fait insuffisantes, déplore l’Union maraîchère suisse. Les légumes suisses resteront pourtant attractifs par rapport à la concurrence étrangère. Ces derniers sont momentanément plus chers en raison de la sécheresse.

Les températures enregistrées au mois de juin dernier ont eu pour effet une croissance exceptionnellement rapide des céréales, annonce l’organisation faîtière de la branche Swiss granum. Celle-ci s’attend pourtant à un rendement inférieur à celui de l’an dernier.

« La situation n’est pas catastrophique mais elle nous inquiète », a déclaré Christophe Darbellay, vice-directeur de l’Office fédéral de l’agriculture (OFAG). Si la sécheresse perdure, les importations de foin en provenance de France et d’Allemagne coûteront plus cher. En compensation, le niveau des taxes douanières pourrait être réduit. L’OFAG décidera des mesures à prendre début août prochain, mais un soutien financier direct n’est pas envisagé.

Source : AP

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