Financement agricole Canada (FAC) annonce un soutien financier afin d’aider les agriculteurs aux prises avec de fortes hausses des prix des intrants, comme les engrais et le diésel, à la suite du conflit armé au Moyen-Orient. La mesure s’applique également aux transformateurs alimentaires. L’aide se veut un soutien afin de gérer les pressions financières causées par des chocs imprévus sur les marchés.
« Les prix mondiaux de l’urée ont déjà augmenté face aux inquiétudes concernant d’éventuelles perturbations de l’approvisionnement provenant d’une région qui joue un rôle majeur dans les exportations mondiales d’engrais azotés », souligne l’organisme.
L’aide se fera par le biais du programme que FAC a lancé l’an dernier afin de répondre aux tarifs douaniers touchant l’agriculture. Le Programme de soutien à la clientèle en cas de perturbations commerciales comprend l’accès à une ligne de crédit supplémentaire pouvant atteindre 500 000 $, de nouveaux prêts à terme et la possibilité pour la clientèle existante de FAC de reporter, jusqu’à 12 mois, les paiements de capital sur ses prêts existants.
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Le programme est de plus prolongé jusqu’au 5 mars 2027.
« Même si ces événements sont hors de notre contrôle, nous pouvons veiller à ce que les producteurs disposent de la souplesse financière et du soutien dont ils ont besoin pour traverser cette période d’incertitude », a indiqué Justine Hendricks, présidente-directrice générale de FAC.
FAC dit qu’elle « continuera de travailler avec des partenaires de l’industrie pour s’assurer que les entreprises canadiennes du secteur de l’agriculture et de l’agroalimentaire puissent faire face à l’évolution des conditions du marché et continuer à faire progresser l’industrie malgré l’incertitude ».
Des répercussions plus importantes dans l’Est du pays
Dans un récent blogue, des analystes de FAC ont étudié les possibles impacts d’un resserrement de l’accès à l’engrais au Canada. Les conséquences se feraient davantage sentir dans les provinces de l’Est pour des questions d’entreposage (qui sont moins importantes que dans l’Ouest. Les stocks d’urée atteignent leur niveau leur plus bas niveau depuis 2017 dans l’Est).
Le Canada applique toujours également des tarifs douaniers sur les importations d’engrais russes. Ces tarifs ajoutent environ 100 $ la tonne aux coûts des exploitations agricoles au Canada par rapport à ceux de leurs homologues des États-Unis. Et pour ajouter à la complexité de la situation, la demande est plus forte au printemps, c’est-à-dire dans quelques semaines.
Dans ce contexte, « toute perturbation des importations ou des expéditions pendant cette très courte période entraînerait des difficultés d’approvisionnement et une hausse des prix. Compte tenu des engorgements susmentionnés dans les expéditions, certains engrais risquent de ne pas arriver à temps pour les semis du printemps en Amérique du Nord », avance les analystes de FAC.
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