Les groupes représentant le secteur agricole ont démontré peu d’enthousiasme face au dernier budget présenté par le gouvernement de la CAQ
Les attentes du secteur agricoles étaient plutôt faibles face au budget provincial, en raison de son statut provisoire face à un nouveau premier ministre dès avril et les élections en octobre. À l’UPA et aux Producteurs de grains, on se montre tout de même déçus de voir des demandes de longue date rester lettre morte.
Le budget en bref
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Éric Girard, ministre des Finances, a annoncé une augmentation des dépenses de 4,3% pour le budget 2026-2027 avec un déficit de 8,6 G$. Il s’agit d’une réduction par rapport au déficit de 9,9 G$ de 2025-2026
En date du 31 mars 2026, la dette nette du Québec représentera 38,8 % du PIB.
Le produit intérieur brut a progressé de 0,8 % en 2025. Dans le budget, le gouvernement prévoit que le PIB croîtra de seulement 1,1 % en 2026 et de 1,4 % à 1,5 % au cours des années suivantes, soit passablement moins que ces dernières années.
Selon le ministre des Finances, le sort de l’ACÉUM constitue le « plus important risque » pour l’économie québécoise, puisque les États-Unis sont le principal partenaire commercial de la province.
Les mesures agricoles
Le gouvernement a annoncé 95,1 M$ sur trois ans pour accroître la compétitivité du secteur bioalimentaire dans le cadre de sa politique bioalimentaire. Peu de détails ont été fournis sur la manière dont la somme serait dépensée.
Le budget prévoit également 581,3 M$ en cinq ans pour le soutien aux PME, dont 365,1 M$ pour les entreprises et les communautés forestières. Le secteur forestier fait actuellement face à des droits de douane de 45 % de la part des États-Unis.
À cela s’ajoute 32,3 M$ sur six ans pour des mesures de protection de l’environnement (Éco Entreprises Québec et réhabilitation du lac Saint-Pierre et 215 M$ pour le développement économique en région, dont le secteur bioalimentaire.
Les dépenses totales du MAPAQ s’élèvent pour 2026-2027 à 1,531 G$, ou 0,95% du budget total, contre 1,522 G$ l’an dernier pour 0,96% du budget.
Réactions mitigées
L’UPA a souligné les mesures soulignées plus haut, mais a tenu à renouveler ses demandes quant au remboursement de la taxe carbone dont la somme totaliserait 550 M$ depuis son implantation en 2015, jugeant que la somme de 30 M$ annoncée dernièrement est insuffisante face aux hausses des prix de l’énergie.
L’organisation aurait aimé voir des investissements permettant d’augmenter les budgets agricoles de la province afin d’atteindre les 2% de la moyenne mondiale, ainsi qu’un soutien accru pour la relève, les régions périphériques, l’agriculture de proximité, la fiscalité foncière agricole et l’endettement des entreprises.
« Le gouvernement avait une ultime occasion de répondre à plusieurs des attentes légitimes et récurrentes des productrices et producteurs agricoles et forestiers. D’autant plus que le ministre Eric Girard fait directement référence à l’importance d’un environnement d’affaires compétitif, caractérisé par un cadre réglementaire simple et stable. Nos entreprises devront malheureusement chercher ailleurs que dans ce budget pour s’en prévaloir », a déclaré le président général de l’UPA, Martin Caron.
Sylvain Pion, président des Producteurs de grains du Québec (PGQ), invite d’ailleurs le prochain premier ministre du Québec à présenter une mise à jour budgétaire « pour apporter rapidement des bonifications pour le secteur des grains ».
Tout en saluant les mêmes mesures que l’UPA, les PGQ souhaiteraient voir le remboursement intégral de à la tarification carbone.
Dans le cadre des consultations prébudgétaires, les PGQ avaient aussi recommandé les éléments suivants :
- Un renforcement du programme d’assurance récolte;
- Un programme de rétribution des pratiques agroenvironnementales doté d’un fonds annuel de 50 M$;
- L’exclusion de l’agriculture de la tarification carbone et le remboursement total des contributions qui y ont été versées;
- La création d’un programme de 25 M$ dédié aux régions éloignées;
- Éviter la réglementation supplémentaire et compenser les coûts des obligations règlementaires en vigueur.
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