Adhésion de dix nouveaux pays à l’UE : les négociations s’achèveront bien en décembre

Elseneur (Danemark), 30 août 2002 – En dépit des difficultés et des dissensions, les Quinze se disent convaincus que l’élargissement de l’Union européenne à une dizaine de pays se fera et que le feu vert sera donné à la fin de l’année pour la simple raison que cet élargissement va dans le sens de « l’Histoire ».

Car faire entrer dans l’Europe communautaire la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, l’Estonie, la Lettonie et la Lituanie, ainsi que Chypre et Malte, « n’est pas une question d’argent mais une question d’histoire », a déclaré vendredi le ministre danois des affaires étrangères Per Stig Moeller dont le pays assure la présidence tournante de l’UE.

Les quinze ministres des affaires étrangères sont réunis vendredi et samedi à Elseneur au Danemark pour faire le point. Ils ont confirmé que les négociations d’adhésion se concluraient en décembre. Les pays est-européens « ont attendus ça pendant 50 ans », a rappelé M. Moeller.

Cela ne veut pas dire que les mois prochains vont être de tout repos pour les Quinze. La délégation néerlandaise a ainsi répété que tout élargissement devait être précédé par une réforme significative de la Politique agricole commune (PAC), un point de vue partagé par l’Allemagne, la Grande-Bretagne et la Suède. Alors que la PAC représente déjà la moitié du budget communautaire, ces pays n’imaginent pas que l’on doive rajouter 40 milliards d’euros de subventions en faveur des paysans est-européens à partir de 2004, année prévue de l’élargissement. Mais plusieurs pays dont la France, poids lourd en matière d’agriculture et d’élevage, sont catégoriquement opposés à un bouleversement de la PAC. Le « moteur franco-allemand » est particulièrement mis à mal par ce différend.

Autre obstacle en vue pour l’UE, le second référendum irlandais prévu en octobre, les Irlandais ayant dit « non » une première fois à l’élargissement l’an dernier. Or, un second vote négatif bloquerait l’entrée des pays candidats.

Les ministres européens des Affaires étrangères, qui sont réunis dans un hôtel près du château de Kronborg, cadre spectaculaire du « Hamlet » de Shakespeare, doivent aussi se pencher sur les tensions au Proche et Moyen-Orient. Copenhague doit présenter samedi un plan de règlement en trois étapes censé déboucher sur la proclamation de l’Etat palestinien. Ce projet a été concerté avec Paris, Londres et Berlin.

Enfin, les Quinze sont très mal à l’aise va face aux prises de position belliqueuses des Etats-Unis envers l’Irak et insistent sur un nécessaire aval des Nations unies pour entreprendre une campagne militaire contre le régime de Saddam Hussein. A destination de Bagdad, ils ont répété que l’Irak devait absolument autoriser le retour des inspecteurs en désarmement mandatés par l’ONU. « Nous devons maintenir la pression sur Saddam Hussein pour obtenir le retour dans le pays des inspecteurs de l’ONU », a encore annoncé le chef de la diplomatie danoise.

Source : AP

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