Bové dénonce le « double langage » de Chirac sur le développement

Arles (France), août 2002 – Le porte-parole de la Confédération paysanne, José Bové, a dénoncé le « double langage » de Jacques Chirac en matière de développement durable.

« Le président Chirac, qui se gausse de développement durable, défend dans le même temps le maintien de la politique agricole commune qui n’est qu’une façon déguisée de subventionner les exportations de matières premières agricoles de l’Europe, au détriment des cultures des pays du sud », a-t-il affirmé lors de la journée de clôture de l’université d’été du mouvement anti-mondialisation Attac à Arles (Bouches-du-Rhône).

Devant quelque 800 militants, José Bové a également fait part de ses critiques à l’égard du Sommet de la Terre de Johannesburg, en Afrique du Sud.

« Si j’ai fait le choix de venir en Arles et de décliner l’invitation de Johannesburg, c’est que je n’attends rien de ce sommet qui sera automatiquement un échec », a-t-il lancé.

« Je ne veux pas cautionner les mascarades et les discours des pays les plus riches, en contradiction avec le combat qu’il mènent, dans le cadre de l’OMC (Organisation mondiale du commerce), pour garder leurs privilèges », a poursuivi le syndicaliste.

« C’est un sommet pour rien avec des discours de bonne intention qui ne pourront jamais s’appliquer », a-t-il encore dit.

José Bové était sorti le 1er août de la prison de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), où il était incarcéré depuis le 19 juin pour le démontage du chantier d’un McDonald’s le 11 août 1999 à Millau (Aveyron).

« Faire face à la répression »

Le dirigeant de la Confédération paysanne avait bénéficié d’une remise de peine de 28 jours – la moitié en vertu de la traditionnelle grâce présidentielle du 14-Juillet, l’autre pour bonne conduite.

Mais ses démêlés judiciaires ne sont probablement pas terminés.

Dans d’autres affaires, la destruction d’OGM à Agen et à Montpellier, il reste passible de 14 mois de prison ferme, peine prononcée en appel le 20 novembre 2001 et qu’il devra peut-être purger l’an prochain.

Mardi, José Bové a appelé à une « forte mobilisation » le 17 septembre à Foix (Ariège), où il doit être jugé là aussi pour l’arrachage de plants de maïs transgénique.

« Il faut faire face à la répression qui s’abat sur nous depuis la nomination du gouvernement de Jean-Pierre Raffarin et montrer que cette répression ne fait pas peur aux militants », a-t-il ajouté.

Il a dénoncé les menaces « de plus en plus fortes », qui entravent, selon lui, le combat des défenseurs de l’environnement.

« En Grande Bretagne, on a eu deux paysans relaxés en deux procès. En France, les sanctions de six mois d’emprisonnement sont désormais monnaie courante pour ceux qui s’opposent aux cultures d’OGM », a-t-il dit.

« Le retour en prison est un risque réel que j’assume », a ajouté José Bové.

Source : Reuters

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Confédération paysanne

http://www.confederationpaysanne.fr/

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