Démystifier son analyse de fourrage

Année après année, plusieurs milliers d’échantillons de fourrages circulent vers des laboratoires du Québec et reviennent chez l’éleveur avec toujours plus d’informations à explorer.

Malheureusement, on se limite souvent à regarder uniquement la protéine pour évaluer la qualité des fourrages, sans porter attention à la digestibilité. Mieux comprendre cette composante aide à mieux évaluer la qualité des fourrages et profiter de l’économie à réaliser par leur valorisation.

Le taux de protéine brute des fourrages indique si la quantité de protéines contenues dans les fourrages est élevée. Il est difficile de déterminer la qualité d’un fourrage à partir de ce seul critère, car si le fourrage contient beaucoup de légumineuses, sa teneur en protéine sera plus élevée qu’un fourrage contenant des graminées. Cependant, la digestibilité des fibres du fourrage permet d’évaluer plus précisément le potentiel de production laitière d’un fourrage.

La fibre ADF
Si le fourrage est récolté au bon stade de maturité, il contiendra un niveau de fibre ADF aux alentours de 30 %. Cette valeur est facile à trouver sur le rapport d’analyses. Elle est généralement appelée « fibre détergente acide » ou ADF, son abréviation anglaise.

La fibre ADF contient en majeure partie de la cellulose et de la lignine. L’ADF était utilisée auparavant pour prédire la digestibilité des fourrages, car plus sa valeur est élevée, plus la digestibilité du fourrage tend à diminuer.

Cette relation est particulièrement juste pour la première coupe des fourrages, mais peu fiable pour les autres coupes. La cellulose pure est digérée aux alentours de 75 % par les ruminants, ce qui est excellent. Par contre, la lignine, qui peut être comparée à du bran de scie, est complètement indigeste, même pour un ruminant. Elle augmente avec la maturité de la plante, venant diminuer la digestibilité des fibres du fourrage.

La fibre NDF

Une autre information intéressante à observer sur l’analyse est la « fibre détergente neutre » ou

NDF, son abréviation anglaise. Elle contient en plus de la cellulose et de la lignine, l’hémicellulose qui est un autre type de fibre. Puisque la fibre NDF est une mesure de la fibre totale contenue dans un aliment, plus il y aura de fibre NDF dans un fourrage, moins la vache pourra en consommer, car la fibre prend de la place dans le rumen.

Digestibilité des fibres
Les graminées, en raison de leur teneur plus élevée en hémicellulose que les légumineuses, contiennent plus de fibre NDF. Ainsi, un ensilage de graminées d’excellente qualité, possède tout près de 10 unités de pourcentage de plus de fibre NDF que l’ensilage d’excellente qualité de légumineuses et sera donc consommé en moins grande quantité que la luzerne. Par contre, la fibre NDF des graminées contient moins de lignine (8,2 %) que les légumineuses (13,9 %) pour un même stade de coupe, ce qui fait que leurs fibres seront mieux digérées par les vaches que les légumineuses.

Lisez l’article au complet, assorti de photos et tableaux, dans Le Bulletin des agriculteurs de mai 2011, version magazine.

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