Des travailleurs étrangers de plus en plus indispensables

Selon un nouveau rapport du Conference Board du Canada, la pénurie de main-d’œuvre a doublé ces dix dernières années et elle devrait encore doubler d’ici 2025 pour atteindre 113 800 postes. Il s’agit d’un des constats du rapport réalisé à la suite d’un projet triennal de recherche sur le marché du travail agricole. Il a été mené par le Conseil canadien pour les ressources humaines en agriculture, en collaboration avec le Conference Board.

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L’organisme a constaté que le secteur rencontre des difficultés spécifiques de recrutement et de conservation de sa main-d’œuvre qui contribuent à l’augmentation de la pénurie. Ces difficultés sont notamment le vieillissement de la population active, le fait que de nombreuses exploitations se situent en milieu rural et les perceptions négatives du travail agricole.

Parmi les autres faits saillants du rapport, il est indiqué que les besoins en haute saison sont estimés à 100 000 de plus qu’en basse saison, ce qui explique pourquoi les trois-quarts du secteur sont comblés par des travailleurs étrangers temporaires. Le constat : le secteur agricole canadien souffre d’un manque chronique de travailleurs ayant les bonnes compétences et disponibles au bon endroit.

« Le secteur agricole a du mal à recruter et à conserver des travailleurs canadiens. Avec l’augmentation de la pénurie de main-d’œuvre, il s’est de plus en plus tourné vers les travailleurs étrangers pour combler ces manques », affirme Michael Burt, directeur, Tendances économiques industrielles, au Conference Board du Canada. « Il est indispensable de trouver des solutions à la pénurie de main-d’œuvre dans les années à venir pour assurer la future croissance du secteur. »

Le Conference Board conclue que les travailleurs étrangers temporaires jouent un rôle essentiel dans la continuité des activités du secteur agricole et ce rôle continuera probablement de croître à l’avenir. Ils comblent trois quarts de la pénurie de main-d’œuvre du secteur, où ils représentent aujourd’hui un travailleur sur dix. En plus de réduire une bonne partie de la pénurie du secteur, ils ont contribué à la croissance de la production agricole ces dix dernières années en plus de soutenir les entreprises agricoles, ajoute l’organisme canadien.

Une solution passerait donc par la réévaluer les programmes d’immigration du fédéral qui favorise les travailleurs très qualifié et, en offrant une procédure pour obtenir la résidence permanente.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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