Érosion et compaction, des sujets toujours d’actualité

L’Année internationale des sols a beau être terminée depuis décembre, le sujet de la conservation des sols demeure d’actualité, surtout en ces débuts de la saison des semis. Malgré les mesures mises en place dans les dernières années, certains problèmes comme l’érosion affectent toujours les champs au Québec. Une photo de Planet Labs, publiée le 12 avril, montre l’effet de l’érosion et le déversement de sédiments dans le Lac Saint-Pierre et le Fleuve Saint-Laurent.

Photo aérienne du Lac Saint-Pierre, prise le 12 avril 2016. Source: Planet Labs

Photo aérienne du Lac Saint-Pierre, prise le 12 avril 2016.
Source: Planet Labs

la Semaine nationale de la conservation des sols, organisée par le Conseil canadien de conservation des sols (CCCS), a justement cours cette semaine, du 17 au 23 avril. L’organisme veut mettre l’accent sur l’importance d’une gestion appropriée des terres afin de conserver les sols en santé. Le thème cette année est « Des sols en santé pour un avenir durable ».  Selon Don Lobb, directeur de CCCS « Les causes, les conséquences et les solutions sont toujours inter-reliées ».

Le CCCS rappelle que le nouveau record de rendement de maïs de 532 boisseaux par acre (trois fois la moyenne) a été atteint en Virginie sur une terre qui n’avait pas été labourée depuis 1987. De même, des champions de rendement dans le maïs et le soya en Ontario ont établi leurs scores sur une terre qui n’a pas été labourée depuis plus de 20 ans.

« Le labour réduit la productivité du sol par l’érosion, la compaction, la destruction des biotes du sol et la perte de matière organique et de nutriments. Le labour rejette du CO2 dans l’atmosphère en plus de détruire les agrégats du sol et le matériel végétal. Ceci déstabilise le sol de sorte que dans les régions humides, les sédiments et les nutriments contaminent les cours d’eau tandis qu’ils augmentent les nuages de poussière dans les Prairies », ajoute le CCCS.

L’organisme note toutefois que des progrès ont lieu en matière de gestion des sols, entre autres grâce aux méthodes de semis direct. Selon le CCCS, « le semis direct permet de générer un paillis de matière organique régénérateur qui protège la surface du sol, retient l’humidité et aide à prévenir l’érosion par le vent et l’eau. Cette couverture du sol favorise une plus grande biodiversité, dont l’accroissement joue un rôle déterminant dans la santé du sol et des plantes. D’autres tendances telles que l’agriculture de précision et l’exploitation localisée traitent de l’utilisation précise et contrôlée des intrants de cultures. ».

 

Sources: Conseil canadien de conservation des sols, Planet Labs

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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