La FCEI voit des obstacles à l’achat de produits locaux

Moncton (Nouvelle-Écosse), 19 juillet 2005 – Vous voulez acheter des aliments locaux ? Facile direz-vous, mais probablement beaucoup plus difficile que vous le ne croyez pour votre producteur local de vous offrir cette option. C’est cequ’affirme la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), quiindique que la concurrence mondiale de plus en plus forte et les économiesd’échelle modifient la manière dont les aliments passent de la « ferme » à votreassiette.

« Beaucoup de pressions sont exercées sur les producteurs agricolesindépendants qui essaient d’obtenir un accès intéressant aux marchés et desbénéfices décents pour leurs produits », a affirmé Stéphane Robichaud, vice-président, Atlantique, de la FCEI, qui représente 12 000 petites et moyennesentreprises (PME) dans les provinces de l’Atlantique, y compris 600entreprises agricoles.

M. Robichaud a déclaré que les importants grossistes alimentairesachètent leurs produits dans des centres de distribution, mettant surtoutl’accent sur le volume de production. Ils ont souvent besoin de quantitéssuffisantes pour servir des marchés nationaux.

« Le fait qu’ils achètent leurs produits auprès des producteurs locaux oude producteurs de la Californie ou du Chili n’a pas beaucoup d’importance pources grossistes. Ils ont besoin d’un approvisionnement régulier et deproducteurs qui peuvent couvrir les coûts de réglementation commel’étiquetage », a affirmé M. Robichaud en ajoutant que le changement du modèlecommercial des grossistes alimentaires réduit la présence des produits locauxsur les tablettes des supermarchés, même si les consommateurs ont parfoisl’impression d’acheter des produits locaux.

Diminuer l’accès au marché et les bénéfices des producteurs agricolesn’est pas un phénomène nouveau. La FCEI mesure le niveau de confiance desentreprises tous les trimestres et son Baromètre trimestriel des affaires dejuin 2005 révèle que le niveau de confiance des chefs d’entreprise agricoleest nettement inférieur à celui des autres secteurs.

En réponse à ce problème, la FCEI a lancé, le printemps dernier, unecampagne de télécopie visant à encourager les grossistes alimentaires àconclure plus d’ententes avec les producteurs locaux. « Environ 1 500 membresdes provinces atlantiques ont télécopié leur appui, y compris plusieursentreprises non agricoles qui considèrent que ce secteur joue un rôle depremier plan dans l’économie et dans nos collectivités », a déclaré M. Robichaud.

La FCEI a rencontré aussi les représentants des grossistes pour trouverdes solutions afin d’améliorer les conditions des producteurs locaux. M. Robichaud a indiqué que Co-op Atlantic était plus ouverte à reconnaître leproblème et à partager les initiatives proposées par les producteurs locaux.Atlantic Wholesalers et Sobeys ont rencontré la FCEI par le biais d’unreprésentant du Conseil canadien des distributeurs en alimentation. « Sobeys etAtlantic Wholesalers semblent conscients des difficultés que provoque lechangement de leur stratégie d’achat pour les producteurs locaux, mais en boutde ligne, leur décision repose sur les bénéfices », a ajouté M. Robichaud.

La FCEI voit des solutions à cette tendance du marché en sensibilisantles consommateurs et en faisant la promotion des coopératives de producteurset, bien entendu, le gouvernement peut faire sa part. « Le gouvernement peutnormaliser et rationaliser les règlements des territoires, réduire le fardeaufiscal et se pencher sur le problème de pénurie de main-d’oeuvre qualifiée.Toutes ces mesures permettraient de rendre l’achat de produits locaux aussifacile qu’il devrait l’être », a conclu M. Robichaud.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Fédération canadienne de l?entreprise indépendante (FCEI)
http://www.fcei.ca/

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