L’austérité économique, vue par les plantes

Les plantes vont preuve aussi d’économie de moyens quand l’époque le justifie, démontre une étude faite par une équipe de Carnegie Institution, publiée dans Proceedings of the National Academy of Sciences. Les chercheurs voulaient à savoir quelles étaient les stratégies employées par les graminées dans des conditions de sécheresse afin de cerner celles qui pourraient être exploitées pour améliorer la productivité des cultures.

Jusqu’à présent, on savait peu de choses sur la façon dont les conditions de sécheresse et de faibles quantité d’eaux affectaient  le développement des racines couronne par rapport aux autres types de racines, et comment ces changements pouvaient influer sur la tolérance au stress. L’équipe de recherche a été en mesure de démontrer que les pénuries d’eau suppriment la croissance des racines de la couronne dans les graminées.

Les principaux conduits par lesquels les graminées vont chercher l’eau sont les racines de la couronne qui sont particulières aux graminées et aux plantes de cette famille, comme le maïs. Le système racinaire de la couronne commence à se former dès la germination et continue à se développer tout au long de la vie de la plante.

La région de la couronne de la plante est essentielle pour détecter la disponibilité de l’eau dans la couche arable. Lorsque l’eau est rare, le développement des racines de la couronne est supprimé et la plante maintient un système racinaire plus limité, selon les recherches.

Fait intéressant, ces «mesures d’austérité» chez la plante ne sont pas permanentes. Lorsque l’humidité est réintroduite dans le sol, la croissance des racines de la couronne est rapidement réactivée, permettant à la plante de bénéficier de la puissante capacité de captation d’eau de la couronne.

Autre fait notable, la suppression des racines de la couronne est beaucoup moins dramatique dans les espèces domestiquées, telles que le maïs et le mil, que dans plantes sauvages, versions domestiqués de ces mêmes plantes.

“Cela nous donne à penser que la sélection végétale a involontairement affecté les capacités de ces plantes de culture de faire face à la sécheresse», selon le chef de l’équipe de recherche, José Dinnen.

Cette découverte fait en sorte que le développement des racines de la couronne devient une cible potentiellement intéressante pour ceux qui essaient d’améliorer les rendements des cultures, en particulier dans des conditions de quantité limité de l’eau. La sélection ciblée visant à affiner cette réponse à la sécheresse dans le maïs et d’autres plantes cultivées pourrait améliorer leur productivité et préserver les précieuses ressources en eaux souterraines.

Source: Carnegie Science

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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