Le secteur agricole réclame un fonds d’urgence

La Fédération canadienne de l’agriculture (FCA) demande une intervention du gouvernement fédéral afin de créer un fonds d’urgence. Ce fonds, qui pourrait également être un filet d’urgence, doit servir à payer les coûts additionnels causés par la COVID-19, que ce soit pour les frais de main-d’œuvre étrangère ou locale, ou encore pour assurer que les producteur iront de l’avant avec leur production de l’année 2020, malgré le contexte de grande incertitude à court et à long terme.

Au cours d’une conférence de presse virtuelle, la présidente de la FCA, Mary Robinson, a indiqué que le moment était critique pour plusieurs producteurs qui s’interrogent en ce temps décisif des semis. Elle a appelé ce moment comme “point de basculement” pour le secteur. Certains se demandent s’il pourront assumer les coûts de production additionnels pour se plier aux règles de sécurité sanitaires avec leurs travailleurs étrangers ou locaux. À court terme, la question de la main-d’œuvre se pose pour pouvoir entreprendre les travaux immédiats. À plus long terme, d’autres se demandent s’ils pourront récolter faute de bras, ou encore d’accès à des marchés locaux ou étrangers. Des décisions importantes doivent se prendre rapidement sur les types de cultures à exploiter en 2020, et en quelle quantité. Devant les nombreux défis, la FCA craint que la sécurité alimentaire du pays soit compromise.

Mme Robinson a souligné “qu’en l’absence d’aide immédiate du gouvernement fédéral, le secteur canadien de l’agriculture ne peut garantir que notre système national d’approvisionnement alimentaire sera protégé et pourra continuer de répondre aux besoins immédiats et à long terme de l’ensemble des Canadiens”.

La FCA a identifié deux défis distincts, soit la pénurie continue de main-d’œuvre et le manque de prévisibilité sur les marchés et les impacts sur les entreprises agricoles et les usines de transformation. Selon l’organisme, “la main-d’œuvre était déjà un problème critique avant la pandémie et s’est maintenant aggravée à tel point qu’aussi bien les agriculteurs que les transformateurs d’aliments s’inquiètent que même si les semis se déroulent tel que prévu, le manque de travailleurs fera qu’il sera impossible de récolter et de transformer les denrées. Nous faisons face à la possibilité que les cultures pourrissent dans les champs, comme cela est le cas dans d’autres pays”.

Le deuxième défi concerne les coûts imprévus et accrus pour les agriculteurs à cause de la COVID-19. Les coûts concernent l’équipement de protection individuelle (ÉPI) pour leurs travailleurs, ainsi que ceux liés au bétail puisque la fermeture d’usines de transformation des viandes oblige les agriculteurs à garder et à nourrir leur bétail pendant une période prolongée.

Selon la FCA, les nombreux défis amènent des producteurs à “envisager sérieusement de mettre fin à leurs opérations agricoles afin d’éviter la débâcle financière”.

Mme Robinson a ajouté que le secteur agricole avait besoin d’un soutien du fédéral pour assurer la chaîne alimentaire dans le pays, ainsi que garantir sa fiabilité d’un océan à l’autre. Il en va, selon elle, de la sécurité alimentaire du Canada qui dépend à hauteur de 40% de la production nationale pour nourrir les Canadiens.

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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