Rendez-Vous végétal 2017, un autre succès

Sylvain Lavoie, président du comité organisateur, agronome et directeur général chez Synagri.

Pour sa troisième édition, le Rendez-Vous végétal 2017 a fait une autre salle presque comble à l’Étoile Banque Nationale au Quartier Dix30 avec quelque 500 participants, aux dires du président du comité organisateur de l’évènement, Sylvain Lavoie, président du comité organisateur, agronome et directeur général chez Synagri.

Dr Richard Cruse, professeur à l’Université de l’Iowa

L’auditoire a été choyé grâce à un programme bien monté où divers enjeux ont été abordés. Parmi ceux-ci, le coût de l’érosion du sol. En Iowa, la perte annuelle de sol varie entre 1 mm et 6 mm par hectare alors que le taux de renouvellement est de dix à soixante moins élevé, estime Dr Richard Cruse, professeur à l’Université de l’Iowa et expert en gestion des sols et de l’eau.

Ce dernier ne voit pas en quoi la situation du Québec serait si différente de l’Iowa. Et il calcule que la perte de 1 mm de sol équivaut à un manque à gagner de près de 1,00 $/ha, lorsque le prix du maïs grain est à 190,94 US $/Tm. Ces pertes de sol se comptabilisent « comme des intérêts composés » et en 7 ans atteignent 9,00 $ US/ha.

L’érosion est un problème traître selon lui puisque, pendant quinze ans, les producteurs ne voient que l’augmentation de leurs rendements, due principalement par l’augmentation d’intrants. S’il n’y a pas eu d’effort de conservation des sols durant ce temps, les rendements risquent de plafonner voire, de diminuer. « La conservation n’est pas une dépense, mais un investissement à long terme », a soutenu Dr Cruse.

Noah Freeman, un autre conférencier et expert du Big Data, a expliqué les défis technologiques liés à la collecte des données et à la conception d’applications utiles pour les agriculteurs. « Le rêve du Big data se poursuit, mais ne se matérialisera pas par une seule compagnie dominant le marché. Le succès du Big Data passe par une collaboration entre tous les joueurs », a souligné ce doctorant en agriculture de précision à l’Université Purdue. Directeur de la plate-forme technologique AgReliant, spécialisé dans les semences, M. Freeman mise sur le développement d’algorithmes pouvant prédire avec précision la météo sur deux ou trois semaines, pour mieux planifier les semis et les applications d’engrais.

Ross Bender, agronome chez Mosäic

Qui aurait pu deviner quel est l’élément mineur essentiel le plus important pour la croissance des plantes parmi le manganèse, l’aluminium, le fer, le chlorure, le zinc, le cuivre et le bore. Vous donnez votre langue au chat? Hé bien, c’est le bore. Et Ross Bender, agronome chez Mosäic, l’a démontré de brillante façon. « Le bore est à la plante ce qu’est l’hormone de l’amour, l’ocytocine, pour les animaux » a-t-il dit. Photo à l’appui, le conférencier a montré le développement racinaire de plants de maïs, de soya et de canola avec et sans bore, le premier étant beaucoup plus chevelu. M. Bender a cependant prévenu que, si mal utilisé, le bore peut provoquer des dommages aux cultures. Il a indiqué sa préférence pour une application au sol plutôt que foliaire.

Si la tradition se poursuit, bien des participants se retrouveront au Rendez-Vous végétal 2018, pour une autre journée enrichissante.

à propos de l'auteur

Journaliste et agroéconomiste

Nicolas Mesly est agroéconomiste et journaliste pigiste spécialisé dans les enjeux agroalimentaires. Il couvre les grandes cultures pour Le Bulletin des agriculteurs.

Commentaires