Sirop d’érable – Le rapport Bolduc ouvre des portes mais ne règle rien dans l’immédiat

Saint-Malachie (Québec), 5 juillet 2004 – Le rapport sur l’industrie de l’érable que vient de remettre M. Normand Bolduc, président de la table filière acéricole, est le résultat d’une opposition qui n’a cessé de grandir depuis 2 ans, tant chez les transformateurs que les producteurs, contre l’imposition d’une agence de vente et de quota obligatoires dans la mise en marché du sirop d’érable. De nombreux producteurs et acheteurs se retrouvent présentement avec des poursuites considérables et des volumes importants de sirop hors quota parce qu’ils n’ont pas le choix de contourner l’agence pour survivre.

Un rapport qui constate l’échec de l’Agence de vente obligatoire
Pour la première fois, un rapport officiel reconnaît que l’agence de vente obligatoire gérée par la Fédération de l’UPA est un échec et doit être réévaluée. Il propose donc à la Régie des marchés de consulter les producteurs à son sujet, d’en refaire une évaluation publique avec tous les intervenants et d’effectuer les modifications nécessaires, voire même d’en confier l’application à une personne ou un organisme autre que la Fédération. Parmi les changements suggérés : retirer le contrôle du plan conjoint à la Fédération pour le confier à un organisme regroupant tous les intervenants, soustraire toutes les ventes au détail du quota, accorder un plan conjoint séparé pour la Gaspésie, accorder un statut spécial aux transformateurs-artisans et aux restaurateurs de cabane à sucre, confier la gestion de SIROPRO à un organisme neutre, garantir des règles de décision démocratiques, cesser de forcer les transformateurs à acheter 8% de sirop à défaut de saveur.

Des recommandations qui ne règlent pas les problèmes urgents
Cependant, rien n’est prévu pour régler les problèmes urgents que vivent les producteurs qui ont des poursuites et des volumes importants de sirop sur les bras. Rien n’est prévu non plus pour forcer la Régie des Marchés à changer ce qu’elle a elle-même approuvé et défendu sans restriction ces dernières années. L’UPA a exercé et continue à exercer de fortes pressions pour éviter que ce rapport n’entraîne la remise en question du fonctionnement de l’ensemble des plans conjoints qui sont administrés exclusivement par les syndicats de l’UPA. Sans un remaniement substantiel de la composition de la Régie, il serait illusoire de s’attendre à des changements.

Position de l’Union acéricole paysanne
L’Union acéricole paysanne réclame donc l’arrêt immédiat des poursuites et l’imposition d’une trêve, le temps de tenir un véritable référendum sur l’agence de vente et de mettre en place un système de mise en marché qui garantit une convention négociée tout en tenant compte de la nature de cette production et de l’initiative des producteurs et des acheteurs.

L’Union acéricole paysanne tiendra une assemblée d’information mardi soir, le 13 juillet, à St-Henri-de-Lévis, où elle proposera aux producteurs un plan d’action pour supporter ses revendications.

Site(s) extérieur(s) cité(s) dans cet article :

Union des producteurs agricoles (UPA)
http://www.upa.qc.ca/

Union Paysanne
http://www.unionpaysanne.com/

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