Sorti de prison, José Bové promet de poursuivre le combat

Hérault (France), 2 août 2003 – Libre. José Bové, le chef de file de la Confédération paysanne, est sorti samedi peu avant à 14h de la maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), ou il était incarcéré depuis le 22 juin pour avoir arraché des plants transgéniques.

Environ 200 de sympathisants, dont des membres du bureau de la CP et sa compagne Ghislaine Ricez, l’attendaient à la sortie. Vêtu d’une chemise multicolore et d’un pantalon beige, José Bové a salué la foule en souriant et embrassé ses proches.

« Je voudrais vous remercier pour tout ce que vous avez fait (…) Je ne m’attendais pas à ce qu’il y ait autant de gens mobilisés dès le premier jour pour réagir », a-t-il lancé avant de raconter ses 40 jours en cellule. « Il y a un an, lors de mon premier séjour, j’ai vu la France d’en-dessous. Un an après, la situation est exactement identique. Elle s’est même aggravée », a lancé José Bové avant de dénoncer une nouvelle fois les conditions de la vie carcérale.

Devant ses partisans, José Bové a ensuite annoncé qu’il était « officiellement accrédité » au nom de la Confédération paysanne pour se rendre à Cancún (Mexique) où se tiendra à la mi-septembre le sommet de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

« Je l’affirme: on peut faire échec au sommet de Cancún. Nous allons nous mobiliser contre ceux qui veulent que ce sommet soit encore un moyen d’élargissement du marché », a-t-il ajouté avant d’annoncer qu’il allait rencontrer fin août le ministre de l’Agriculture Hervé Gaymard.

Pour le représentant de la CP, « le combat continue et nous pouvons empêcher les OGM d’entrer dans l’agriculture et l’alimentation. Nous poursuivons ce combat (…) Ce n’est pas en emprisonnant un responsable du mouvement social qu’on arrête le mouvement social; ce n’est pas en prison qu’on arrête les convictions. Bien au contraire », a-t-il assuré.

La juge d’application des peines (JAP) de Montpellier, Danielle Maccioni, avait fait droit vendredi à la requête du syndicaliste agricole l’autorisant à exécuter sa peine dans le cadre d’un chantier extérieur sans surveillance du personnel de l’administration pénitentiaire auprès de l’Association pour l’aménagement du Larzac dans la ferme de l’hôpital du Larzac à Millau.

Détenu depuis le 22 juin, José devait théoriquement purger une peine de dix mois de prison, consécutive à la révocation de plusieurs sursis pour la destruction de plants transgéniques. Il a bénéficié de deux mois de remise de peine dans le cadre de la grâce collective du 14 Juillet, plus deux mois à titre personnel accordés par le président de la République.

Source : AP

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