Stratégies de cultures pour le printemps 2014

Malgré les inquiétudes que pourraient cultiver plusieurs producteurs, la saison des semis n’accuse pas de retard majeurs, quelles que soient les régions au Québec. Les experts interrogés par Le Bulletin sont unanimes à ce sujet : il n’y a pas lieu de s’inquiéter et d’envisager des changements importants, que ce soit au niveau des hybrides ou des cultures.

« D’ici le 15 au 20 mai, il n’y a pas lieu de s’en faire », répond Stéphane Myre, agronome pour Dekalb, qui rappelle qu’un début hâtif de saison peut comporter son lot de problèmes. « En 2013, un gel au sol le 16 ou 17 mai avait causé beaucoup de dommages alors que les semis avaient débuté très tôt ».

Marie-Ève Rheault, agronome pour Dupont-Pionner, estime quant à elle que le retard accumulé ce printemps n’est pas plus d’une semaine à dix jours, en comparaison avec les dates moyennes. Certains travaux ont débuté dans les sols plus légers et sablonneux. C’est le cas sur la rive-nord de Montréal et dans le coin de Sorel. Pour l’agronome, il faut bien sûr se référer aux tableaux de la Financière agricole, mais elle ne voit pas de problème à une saison des semis qui débuterait plus tardivement, soit jusqu’au 20 au 26 mai.

Les seuls cas où des changements seraient préconisés concernent les producteurs qui auraient choisi des hybrides demandant des unités thermiques de loin supérieurs à la moyenne de la région et ce, pour de grandes superficies. « Il faudrait aussi envisager d’opter pour des hybrides à floraison hâtive plutôt que tardive », fait observer Mme Rheault.

Les saisons ont de plus tendances à changer dans le calendrier fait remarquer Mme Rheault. « Les conditions au printemps des dernières années ont été difficiles mais d’un autre côté, les automnes se sont prolongés et ont été chauds. » Le maïs semé tardivement va aussi être en mesure de s’adapter et rattraper son retard lors de chaque stade critique de son développement.

Si jamais la météo continue de faire des siennes, il est évident que des décisions devront être prises. Les rendements prévus au terme de la saison diminueront également au fur et à mesure que les dates de semis seront repoussées. La prochaine semaine risque donc d’être cruciale, estime François Labrie, conseiller à la Coop fédéré. « Il ne faudrait pas qu’il pleuve trop ce week-end. Mais la bonne nouvelle est que les températures se réchauffent, autant le jour que la nuit. Cela va favoriser l’assèchement au champs ».

Et pour ceux dont l’envie d’aller dans les champs leur démangerait de plus en plus, Stéphane Myre y va de ce conseil. « L’important est de procéder aux semis quand les conditions sont bonnes, peu importe la date. Sinon, des travaux hâtifs pourraient causer des dommages, que ce soit par de la compaction au sol ou une mauvaise levée. » « Et comme on sème qu’une fois, ajoute M. Labrie, vaut mieux que cette fois là soit la bonne ».

« Chaque client connaît son seuil de tolérance au risque », ajoute Mme Rheault, « mais en ce moment il y a encore un bon potentiel de rendement ».

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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