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Un foin jeune ça rapporte!

Christian Duchesneau, agronome pour Synagri, aborde cette semaine dans la chronique Experts fourragers le sujet de la planification des coupes de foin.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, faire des fourrages de bonne qualité ne veut pas dire des coûts plus élevés. Au contraire, tirer profit du maximum des fourrages peut rapporter gros : il permet aux vaches d’exprimer leur plein potentiel laitier et réduit considérablement les coûts d’alimentation.

Le secret d’un bon fourrage: la qualité est là quand le foin est jeune. Et une bonne analyse en fourrage n’est pas synonyme d’un faible rendement, bien au contraire.

Une ferme peut arriver à produire des fourrages de qualité et en quantité en choisissant des cultivars adaptés à ses besoins et en commençant tôt à récolter afin d’optimiser la valeur alimentaire de leurs fourrages.

Normalement, la meilleure stratégie est de débuter la récolte par les champs composés principalement de graminées. La majorité des graminées atteignent en effet leur stade optimal de maturité avant les légumineuses et leur valeur alimentaire baisse plus rapidement que celles-ci avec l’avancement en maturité. Le dactyle, par exemple, passe du stade pré-épiaison à épi en l’espace d’une semaine. Il perd ainsi en qualité très rapidement. Mais avec le printemps que nous connaissons présentement (plus froid que la normale), les graminées accusent un retard de croissance. La maturité entre les graminées et les légumineuses devrait être plus uniforme cette année.

Lorsque les fourrages poussent lentement, ils contiennent plus de sucres et par le fait même plus d’énergie. Malheureusement, nous n’avons pas de contrôle sur la température. Malgré tout, une plante jeune contient plus de sucre qu’une plante plus vieille, donc plus d’énergie pour la vache.

Il est donc possible de faire d’excellents fourrages à partir de dactyle, de fétuque ou tout autre fourrage, mais il faut les faucher au bon stade. Il ne faut pas non plus oublier de bien fertiliser entre les coupes, ce qui favorisera le regain et la protéine.
Voici deux exemples de rations, contenant la même quantité de foin sec, mais de maturité différente. Notez bien les différences :

tableau ex.four.

Une diminution de la protéine, de l’énergie et de la qualité du foin aura un impact sur le coût d’alimentation et la quantité d’aliments à servir. Il est difficile de faire du lait avec des fourrages de moins bonne qualité.C’est aussi bien plus facile de maximiser la qualité des fourrages quand Dame Nature collabore.

Sur ce… bonne 1ère coupe!

Article réalisé en collaboration avec le Conseil québécois des plantes fourragères: http://www.cqpf.ca/.

 

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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