Avoir à l’oeil les mauvaises herbes

Au Québec, dix espèces de mauvaises herbes différentes sont résistantes à un ou plusieurs herbicides :

  • Folle avoine
  • Amarante à racine rouge
  • Amarante de Powell
  • Chénopode Blanc
  • Morelle noire de l’Est
  • Petite herbe à poux
  • Sétaire géante
  • Stellaire moyenne
  • Moutarde des oiseaux
  • Senéçon vulgaire

La liste s’allonge d’année en année et le problème serait largement sous-estimé selon des études réalisées compilées par le Réseau d’avertissements phytosanitaires. Au niveau mondial, c’est le cas pour 250 espèces de mauvaises herbes. Le Cerom partageait l’an dernier ces informations, selon lesquelles aucune mauvaise herbe n’est résistante au glyphosate au Québec mais c’est le cas pour 4 mauvaises herbes en Ontario (petite herbe à poux,  vergerette du Canada, grande herbe à poux et l’amarante rugueuse) et une dans l’Ouest (Kochia Scoparia).

Une mauvaise herbe est dite résistante quand elle réagit de manière moins importante à un traitement qui fonctionnait dans des conditions normales d’utilisation des herbicides.

. Les principaux facteurs favorisant le développement de la résistance sont :

. L’emploi répété du même herbicide ou d’herbicides du même groupe ou du même mode d’action;

. La monoculture ou le peu de diversité dans les rotations;

. Le cycle de vie des mauvaises herbes: le risque est plus élevé chez les mauvaises herbes annuelles (production d’un grand nombre de graines).

Quelques questions peuvent permettre de poser un diagnostic de résistance dans le champ :

  1. Est-ce que d’autres espèces de mauvaises herbes visées par le traitement ont été réprimées?
  2. Est-ce qu’il y a présence de plants affectés, mais qui semblent survivre au traitement?
  3. Au cours des années précédentes, est-ce qu’un problème semblable a été observé dans ce champ avec le même herbicide ou d’autres herbicides appartenant au même groupe ou mode d’action?
  4. Est-ce que le même herbicide ou d’autres herbicides appartenant au même groupe ou mode d’action ont été employés à plusieurs reprises dans ce champ au cours des dernières années?
  5. S’il y a échec du traitement herbicide, peut-il être relié à l’un des facteurs suivants?

-De mauvaises conditions climatiques;

-L’application à un stade de développement des mauvaises herbes non réprimées par l’herbicide;

-Une erreur lors de la préparation de la bouillie;

-L’emploi d’un équipement de pulvérisation mal réglé;

-L’emploi d’un produit dégradé par le gel ou la chaleur;

-L’emploi d’une eau de mauvaise qualité;

-L’expiration de la période de rémanence de l’herbicide;

-Tout autre facteur non associé à la résistance

Vous pouvez faire tester la présence de la résistance de mauvaises herbes aux herbicides en faisant parvenir un échantillon de graines matures au Service de détection de la résistance des mauvaises herbes aux herbicides du Cerom.

En cas de présence d’une mauvaise herbe résistante, il faut :

. Bien noter les zones ou les champs affectés

. Utiliser des mélanges d’herbicides combinant au moins deux groupes différents et efficaces pour éliminer l’espèce en cause

. Consulter votre conseiller en phytoprotection.

Le Réseau d’avertissements phytosanitaires recommande aussi de suivre plusieurs actions qui aideront à prévenir le développement de la résistance.

Source: Agri-réseau

 

à propos de l'auteur

Journaliste

Céline Normandin

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.

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