Saison des sucres : ça coule enfin!

L’attente semble avoir valu la peine puisque les érables offrent de généreuses coulées

Publié: il y a 2 heures

Saison des sucres : ça coule enfin!

La saison des sucres s’est fait attendre cette année. Au lieu de montrer des signes dès février, il aura fallu attendre dans les premiers jours de mars et même la première semaine avant de voir les érables couler pour de bon.

L’attente semble avoir valu la peine puisque les érables offrent de généreuses coulées, selon les commentaires recueillis auprès de quelques producteurs acéricoles. La saison des sucres a commencé dans plusieurs régions, telles que la Montérégie, l’Estrie et la Beauce

À l’Érablière Lapointe et fils, la saison a commencé en grand dimanche (8 mars). L’eau avait commencé à couler tranquillement la veille pour continuer toute la journée de dimanche, ainsi que la nuit de lundi. Lors de la conversation en fin de journée lundi, les réservoirs étaient suffisamment pleins pour commencer à bouillir.

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« J’ai été étonné de voir à quel point ça coulait et comment ça avait continué durant la nuit. Habituellement, ça ralenti à partir du moment que le soleil descend », a commenté Anthony Lapointe, qui exploite l’érablière de 5000 entailles à Saint-Marc-sur-Richelieu avec ses deux frères et son père où ils conservent une partie de leur production dans d’anciens tonneaux de bourbon et de whisky. Les tests n’avaient pas encore été faits à savoir quel était le niveau de sucre de l’eau.

Source: Érablière Lapointe et fils (saisie d’écran)

Sébastien Côté, de l’Érablière Côté et fils à Roxton Pond, abondait dans le même sens en se disant heureux du début de saison. « L’eau d’érable est particulièrement sucrée pour un début de saison (entre 2 et 2,2 Brix). Nous souhaitons que la chaleur n’arrive pas trop rapidement cela nous permettra de faire une bonne récolte. »

La saison débute avec un bon trois semaines de retard, ajoute Anthony Lapointe qui souhaite également la voir s’étirer le plus possible. Selon les prévisions entendues autour de lui, la saison pourrait être courte et très intense, ou encore prendre une pause durant la semaine prochaine pour redémarrer fin mars. Déjà, la neige a énormément fondu en raison de la pluie, de la chaleur et du soleil des deux derniers jours. Anthony Lapointe confirme que le couvert de neige dans son érablière a fortement diminué.

Les deux dernières saisons des sucres ont été plus que bonnes avec une production record au Québec en 2024, grâce à un printemps froid. Une bonne production permettrait de renflouer les réserves stratégiques de sirop qui ont diminué sous la pression d’une forte demande.

Saison des sucres et réchauffement climatique

Marie Filteau, professeure à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation à l’Université Laval, a dévoilé que certaines études prévoient une diminution du nombre de journées de coulée avec le réchauffement climatique. Dans une étude qu’elle a réalisée, la collecte sous vide et par pompe pourraient compenser en partie pour les journées perdues en faisant débuter plus tôt la saison.

Son modèle prédit que les acéricultrices et acériculteurs utilisant une pompe pourraient atteindre «100% de bonne sève», produisant un sirop sans défaut, entre 2040 et 2060, alors que les systèmes par gravité atteindraient cette performance entre 2060 et 2080.

L’étude qu’elle a réalisée indique d’ailleurs que les conditions liées au débourrage des bourgeons se feraient plus rares durant la période de coulée avec les changements climatiques, ce qui se reflèterait dans la qualité du sirop d’érable.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Céline Normandin

Céline Normandin

Journaliste

Céline Normandin est journaliste spécialisée en agriculture et économie. Elle collabore également au Bulletin des agriculteurs.