Le Groupe Élément-Terre voit grand pour son service de gestion de risques

La gestion de risques est rendue accessible aux petits producteurs

Publié: il y a 8 heures

Le consultant Michel Mercier et le producteur de porcs Mathieu Bisson ont travaillé ensemble pour élaborer la platefoirme de gestion des marchés agricoles Agrintel.

Un groupe de producteurs, le Groupe Élément-Terre, voit grand pour son service de gestion de risques des marchés agricoles et la plateforme Agrintel qui supporte cette initiative.

Il y a deux ans, le consultant Michel Mercier et le producteur de porcs Mathieu Bisson lançaient leur projet de groupe de gestion de risques pour les producteurs de porcs.

Après le lancement, la mise sur place d’une plateforme informatique et une année complète d’activités en 2025, le service de gestion de risques est prêt à passer à une étape supérieure.

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Le Groupe Élément-Terre, c’est un groupe de gestion de risques dont Mathieu Bisson est le président. Il regroupe actuellement 30 producteurs de porcs. Ensemble, ils produisent quelque 700 000 porcs, dont 160 000 sont couverts pour la gestion de risque, soit 23% des porcs. Ils achètent aussi 30 000 TM de maïs depuis août 2025.

La plateforme Agrintel a été développée par Michel Mercier Consultants avec la collaboration du Groupe Élément-Terre. Il s’agit d’un algorithme qui permet de prendre position sur les marchés à terme en retirant la notion émotivité dans l’équation.

Avec près de 10$ du 100 kilogrammes de porc (9,83$) de mieux que le prix au comptant pour l’année 2025, ils sont stimulés à pousser leur service plus loin.

« Et les 10 piastres, c’est vraiment 10 piastres qui sont faites avec le SGRM (Service de gestion de risque du marché), l’outil des Éleveurs de porc du Québec, ce n’est pas l’agrégat Porc, c’est vraiment le porc pur et simple », explique Mathieu Bisson.

Michel Mercier explique que ce montant est d’autant plus intéressant qu’il est survenu une année où le prix du porc était élevé. « En couverture de risque, quand les marchés sont ascendants, c’est beaucoup plus difficile de faire des couvertures à profit », dit-il.

L’agrégat Porc dont parle Mathieu Bisson, c’est l’utilisation de l’outil pour analyser la marge de profit du producteur. Celle-ci est en effet tributaire, d’un côté, du prix de vente des porcs, et de l’autre, du coût d’achats de maïs et du tourteau de soya, les deux principaux ingrédients de l’alimentation des porcs.

Services

Pour la vente des cochons, Agrintel utilise le Service de gestion de risque du marché (SGRM) des Éleveurs de porcs du Québec. Depuis août 2025, ce service permet aussi d’acheter le maïs à la bourse. D’ici quelques semaines, il sera possible d’acheter du tourteau de soya et de fixer le taux de change. Le prix est fixé à la bourse de Chicago, aux États-Unis, et le taux de change a donc un effet sur le prix payé au Canada.

« On a voulu regrouper sous un même terme tous les marchés qui vont influencer la rentabilité d’un entreprise porcine », explique Mathieu Bisson à propos d’agrégat Porc.

Ce qui rend ce service intéressant, c’est qu’il permet à des petits producteurs de porcs de prendre position sur la bourse, même avec de petits volumes d’achats de grains. C’est le Groupe Élément-Terre qui le fait pour eux.

Le service d’achat de grains pourra éventuellement être disponible pour les producteurs de bœuf, de volaille et laitiers. Michel Mercier envisage même pouvoir développer un service qui permettait aux producteurs de bovins de fixer le prix de vente des leurs animaux, un peu comme dans le porc, si la demande et le volume sont là.

Il ajoute qu’il ne serait pas compliqué d’adapter le service pour les producteurs de grains qui veulent obtenir les meilleurs prix à la vente car l’algorithme fait déjà ces calculs.

Fonctionnement

La plateforme est centralisée dans les bureaux de Michel Mercier Consultants. Deux personnes prennent position en fonction des préférences de chacun des membres. Ces derniers indiquent toutes les informations concernant la couverture souhaitée, les lieux d’achats, etc.

Éventuellement, les membres auront une application mobile avec certaines fonctionnalités qu’ils pourront modifier ou consulter.

Le nom Agrintel est la fusion de « agri » pour agricole et « intel » pour intelligence. Ils voulaient un nom qui sonne aussi bien en français qu’en anglais car ils souhaitent le rendre bilingue. Ils voient un potentiel intéressant en Ontario.

Au Groupe Élément-Terre, Mathieu Bisson est en train de développer un guide et de la formation pour les producteurs sur les marchés à terme.

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À PROPOS DE L'AUTEUR

Marie-Josée Parent

Marie-Josée Parent

Agronome et journaliste

Marie-Josée Parent couvre les productions laitière, bovine, avicole et porcine au Bulletin des agriculteurs.